Au pays de la liberté

Il y a peu de temps, je me trouvais en train de regarder ma fille monter à cheval. J’étais donc dehors, une précision qui a son importance, le long du manège, à peu près seule dans ce club hippique. Survient un couple d’un certain âge, auquel je ne prête pas attention, captivée par les évolutions de ma fille. Le couple vient s’arrêter à environ un mètre de moi. Comme à la plage, les gens aiment à rester groupés… Bref, je finis par allumer une cigarette. Dehors, donc. Quasi seule au monde. Et là, stupeur, la dame lance à son mari: “Viens, Paul, cette femme nous enfume!”

Elle aurait pu s’adresser à moi. Je serais allée un peu plus loin, cédant volontiers ma place à ces mal léchés. Mais non, juste une réprobation pincée-outrée qui prenait à témoin son compagnon d’infortune. Me tournant vers eux, j’ai répliqué: “Bon vent!”. A eux directement, pas à la cantonade. Et du vent, il y en avait, qui chassait la fumée comme le sable du manège.

Pourquoi tant d’intolérance? L’arrivée des lois anti-tabac fait se dresser les mauvais coucheurs et les plaigants en tous genres sur les ergots du bon droit- je suis dans mon droit-vous n’avez pas le droit- j’ai le droit pour moi. Avec une agressivité revancharde qui met mal à l’aise. Tout ça au pays des libertés!

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garonne