Une Fantasy française?
L'écume des jours ... 29 juin 2007Je me demande si les conditions ne sont pas réunies aujourd’hui pour voir l’éclosion, en parallèle à la Fantasy d’inspiration anglo-saxonne, d’une Fantasy française. J’entends par là une forme de littérature de l’imaginaire originale, mêlée de merveilleux, mais aussi de mythologie, de symbolisme, pourquoi pas d’humour, dans la lignée de René Barjavel ou de Pierre Gripari, pour ne citer qu’eux.
En ce qui concerne plus spécifiquement la littérature jeunesse en Fantasy, il me semble que nous sommes guettés par une asphyxie de romans “à la manière de” Harry Potter ou “Le Seigneur des anneaux”, comme nous avons constaté une avalanche de clones du “Da Vinci Code”. Ces romans peuvent être bons, voire très bons, là n’est pas la question (je songe notamment aux séries de Peggy Sue et autres par Serge Brussolo). Mais de nombreux auteurs en littérature jeunesse en Fantasy de ma connaissance trépignent car ils aimeraient développer des univers différents, orginaux, allant davantage vers l’uchronie, le steampunk, les univers parallèles ou la Fantasy historique.
Signe des temps: le Prix de la fiction française remis à Epinal aux Imaginales 2007 a primé “1794″, un roman de Pierre Bordage qui se passe sous la Révolution, mais avec de la magie. Je songe aussi aux romans de Loewenbruck. Ces deux auteurs ne tentent-ils pas, en renouant notamment avec l’Histoire de France et en la confrontant aux règles de la Fantasy, de créer un nouveau courant? Je songe aussi aux oeuvres de mes amis Arthur Ténor et Georges Foveau.
Je pense, en fait, que la plupart des éditeurs en Fantasy françaie, à l’exception des pionniers du genre, comme l’Atalante ou Bragelonne, sont en réalité assez frileux. Ils publient ce qui marche, au risque de tuer la poule aux oeufs d’or. Il y a pourtant tellement de thèmes nouveaux à aborder en Fantasy…
Je rêve d’une nouvelle collection dans le genre, qui publierait des romans jeunesse exigeants, novateurs, poétiques, mythologiques… Des romans qui séduiraient le public grands ados et jeunes adultes par leur audace, leur qualité, leur niveau d’écriture. Des romans qui s’exporteraient dans les pays anglo-saxons. Une école nouvelle en Fantasy française.
J’en rêve. Mais j’en rêve si fort que cela risque de voir le jour plus tôt que je ne le pense. Comme le disait mon maître Ismaël Mérindol, “tout ce qui existea au préalable été rêvé”…
Qu’en pensez-vous?
26 août 2007 à 8:48
Ce que je pense….. Que du bien, bien sûr.
Je suis assez d’accord avec cette analyse de ces clones qui envahissent les romans, BD, films et même téléfilms après le succès (généralemnt mérité) de l’original.
Je suis aussi assez d’accord avec ce constat du manque de risques des éditeurs qui publient peut-être trop de valeurs sûres, en particulier des traductions anglosaxones ayant fonctionnées, au détriment de nouveau auteur potentiel français. (suis-je totalement objectif?)
Il semblerait que cette loi du “commercial” et de la “rentabilité” ait désormais pris le dessus sur tout le reste. A leur décharge, il faut reconnaître que pour continuer à éditer, une trésorerie bénéficiaire est indispensable. Un juste milieu est peut-être possible.
Un Eveil est peut-être nécessaire…. (sourire).
8 mai 2008 à 10:19
Barjavel… Loevenbruck… Rien que ces deux noms me font m’arrêter ! Voui c’est vrai que beaucoup de « copies » prolifèrent dès lors que quelque chose marche. La rentabilité au pouvoir… Malheureusement.
Une école de fantasy française ?! Le rêve ! *___* (oui bon, je dis ça surtout par égoïsme… Premièrement parce que ça me promet un bons nombre de livre dans lesquels me plonger. Deuxièmement parce qu’avec un peu (beaucoup, énormément) de chance, j’arriverais à séduire quelqu’un par un des mes écrits).
“tout ce qui existe a au préalable été rêvé”… Ce n’est pas ce que l’on pourrait dire d’un livre ? Il faut le penser, laisser venir à soi les personnages, tenter de s’entendre avec eux, concilier vie et rêve… Pour finir par écrire.
Et si on laissait leur chance aux nouveaux auteurs… Peut-être découvrirait-on une nouvelle brèche dans la Féerie ?