Quel avenir pour le fantastique noir?
L'écume des jours ... 22 novembre 2007Hello tous,
Nous réfléchissons avec mon éditeur à l’opportunité de lancer une nouvelle collection de fictions fantastiques, genre un peu délaissé ces derniers temps, au profit de la pure Fantasy, regorgeant d’avatars et copies plus ou moins conformes et plus ou moins réussies du Seigneur des anneaux, Harry Potter ou Da Vinci Code (qui n’est pas de la Fantasy, certes, mais flirte avec l’ésotérisme).
Je suis persuadé que le “fantastique noir”, genre né (mort-né?) au XIXe siècle mérite d’être redécouvert et développé aujourd’hui. Moi-même, j’ai tenté la chose avec mon faux-roman faux-document retrouvé dans un manoir en ruines intitulé Les Loups de la pleine lune. Je l’ai rédigé “à la manière de”, façon journaux intimes et correspondances mélangés, en hommage au Dracula de Bram Stocker. J’ai revisité de cette façon les mythes fantastiques du vampire ou du loup-garou en les croisant avec la naissance des sectes pré-nazies en Allemagne au XIXe siècle. Une sorte d’exploration des sources du Mal. Mon ami Cyroul m’avait interviewé à ce sujet dans Morsure.net
Certains lecteurs ont adoré le livre, son souffle, son esprit magique, son côté noir, d’autres ont détesté, me suspectant même de faire l’apologie de ces noirceurs. Ce fut pour moi, au contraire, un exorcisme de ce qui, chez chacun d’entre nous, correspont à un mélange de peur panique et de fascination de l’ombre…
Pour revenir au genre “fantastique noir”, je pense qu’il est périlleux de se contenter d’en retrouver l’ambiance nostalgique à la façon du Moine ou du Château d’Otrante. Châteaux hantés, spectres de dames blanches, moines fous… A moins de le traiter avec un zeste (un beau zeste) de dérision ou d’érotisme, comme l’a fait Jean Rollin.
Ou bien de croiser le genre avec le thriller et le polar noir. Et cela me semble être sans doute une bonne voie de renouvellement.
Tout est ensuite affaire de dosage. Je reprends pour exemple les romans de Jean-Christophe Grangé. Il s’agit de purs thrillers, estampillés polar, très noirs, avec tueurs en série à gogo. On y décèle tout de même un arrière fonds ésotérique qui donne à l’ensemble une coloration fantastique, une “poésie de l’ombre” qui n’est pas sans charme.
Une autre façon de procéder serait de concevoir des romans de pur fantastique, avec démons, vampires et loups-garous, en les intégrant dans un récit à suspense de type thriller.
La vraie réussite, selon moi, serait d’écrire des romans dont il devient impossible de déterminer le genre. Des thrillers où les monstres et les démons (ou les anges et les fées) apparaitraient naturellement dans le corps du récit, au même titre que les flics, les voyous ou les victimes.
Je viens de lire à ce sujet deux manuscrits très prometteurs qui se situent dans cette mouvance mixte. Je vous en reparle très vite.
J’attends vos commentaires, liseurs chéris.
24 novembre 2007 à 10:31
Je raffolerais d’un roman noir un chouille éso avec des lettres à gogo, des photos, des plans de maisons/manoirs, des mélanges de vrai et de faux ( dans des dates , lieux évènements etc! )
3 janvier 2008 à 9:24
“La vraie réussite, selon moi, serait d’écrire des romans dont il devient impossible de déterminer le genre. Des thrillers où les monstres et les démons (ou les anges et les fées) apparaitraient naturellement dans le corps du récit, au même titre que les flics, les voyous ou les victimes.”
Cela me donne déjà envie de le lire !