Je publie ici le mail que je viens de recevoir d’un lecteur. Personnellement je l’ai trouvé très beau. Je vous le livre avec son accord, afin que chacun puisse y apporter sa réponse. Pour moi, la question que pose Sélim (visiblement inspiré par le soufisme et ses “chercheurs de Vérité”) est la suivante: est-il compatible de vouloir découvrir la “Divine Sagesse” tout en s’attardant à contempler les subtilités de sa création, en l’occurence les créatures invisibles du Petit Peuple… Qu’en pensez-vous?

Voici donc le message de Sélim:

Bonsoir monsieur

Voilà deux hivers et deux étès que, armé de ma foi et de ma vigoureuse jeunesse, je cours après un singulier gibier. On le nomme “Divine Sagesse” et il est partout tant et si bien qu’il faut empiéter sur sa fierté de chasseur afin d’espèrer le voir. Car à tout coup c’est Lui qui vous capture, à votre grand soulagement…

Depuis, je cours toujours après et j’eus quelque fois l’occasion de fouler des terres où l’esprit et la matière paraissent se confondre en une frontière à la fois troublante et familière. Mieux vaut ne pas s’attarder à tous ces plaisirs et tous ces prodiges, c’est ce que conseillent bien des hommes avant moi et je suis ce conseil le mieux que je le puis.

Je tiens à vous dire que je partage votre opinion, que les contes, mythes et folkores du passé sont les dépositaires d’une sagesse aussi vieille que la Création, puisant leurs sources dans des fontaines oubliées des mémoires d’homme.

Chacune a sa part de légende, mais chacune a su conserver un fond de Vérité. C’est à travers ce labyrinthe de Dédale que le voyageur doit trouver la sortie en suivant les indices subtils que la Providence aura mis sur son chemin.

Je revendique humblement l’honneur d’être un de ces voyageurs, et j’espère de tout mon coeur pouvoir un jour embrasser cette Divine sagesse. Je désire ardemment retrouver cette innocence de l’enfance, cette innocence qui permet à l’heureuse personne de voir le monde et la nature d’une oeil dénudé de toute prétention.

Jusqu’à un âge avancé de l’enfance, j’ai gardé ce désir de voir ces créatures de nos contes qui, sous notre nez, peuplent le monde où nous vivons sans que nous puissions accorder d’attention à ces subtilités.

Je suis tenté de vous demander tout de suite comment les voir, mais à bien y songer je voudrais d’abord savoir si cela peut être utile et agréable,  pour celui qui s’est mis en quête de l’Absolu, de s’attarder à ces finesses de la nature et de goûter au plaisir de leur découverte.

Depuis tant de temps que je brûle de pouvoir approcher ces silencieux résidents de la nature…

Bien à vous

Sélim