Le noir revient à la mode. Pas seulement dans les vêtements, mais en littérature. Polar, thriller, mais aussi fantastique. Les vampires et autres zombies, après avoir disparu quelques années, déconsidérés par une production gore de mauvaise qualité, tant dans l’écrit que sur les écrans, reviennent aujourd’hui en force, mais sans les excès ridicules d’hémoglobine qui les caractérisaient.

Le noir, aujourd’hui, est romantique. Romantique noir, fantastique noir. Un certain dandysme, une attitude face à la vie, face à la mort surtout. La mode dite “gothique” y participe, mais pas uniquement. Les auteurs du XIXe siècle ou du début XXe, Barbeyd’Aurevilly, J.-K. Huysmans, Bram Stocker, Lovecraft ou plus récemment Jean Ray ou Claude Seignolle, sans parler de Stephen King, font aujourd’hui des émules qui, en s’inspirant de leurs aînés, trouvent un ton personnel, plus urbain, plus déjanté, plus contemporain.

En polar noir français, Grangié par exemple s’est imposé dans le genre avec des intrigues tordues ou le crime flirte avec l’ésotérisme. C’est souvent difficilement supportable à la lecture, mais c’est très efficace et haletant. Diaboliquement réussi.

En fantastique noir, un jeune auteur français qui a déjà son public mais qui va bientôt éclater, Sire Cédric. Prix Merlin du roman Fantasy 2007 pour “Angemort”, qui vient de publier “Dreamworld”, une magnifique errance au pays des cauchemars. En le lisant, j’ai eu le sentiment de retrouver mes peurs d’enfance, un peu comme dans le film “La nuit du chasseur”. C’est noir, très noir, mais romantique en diable. A l’image d’une certaine jeunesse qui se cherche beaucoup et se trouve parfois.

A lire sans modération.