“Les contes ne sont pas faits pour endormir les enfants, mais pour éveiller l’homme à sa dimension spirituelle.”
Comment raconter

Aprés avoir étudié l’art du conte et exploré la richesse de la littérature orale avec Henri Gougaud, dont il a suivi l’Atelier de la parole, Bruno de la Salle, qui l’a invité plusieurs fois à participer aux festivals du conte organisé par le Centre de Littérature Orale de Vendôme, Catherine Zarcate, Pascal Quéré ou Catherine Gendrin, Edouard Brasey s’est initié à l’art de la commedia dell’arte en compagnie du comédien argentin Luis Jaime-Cortez, et a assisté avec profit aux joutes des ligues d’improvisation ainsi qu’aux spectacles fleuves de Philippe Caubère.

En confrontant ces influences et ces rencontres au vaste répertoire des mythes, contes, légendes, folklore et textes littéraires anciens qu’il collecte et réunit depuis des années pour la composition de ses livres, Edouard Brasey propose des spectacles des contes originaux, jouant sur la narration par le corps et par la voix, dans lesquels il est tour à tour le conteur et tous ses personnages.

Ces spectacles s’adressent essentiellement à un public d’adultes. Edouard Brasey se relie en effet à l’art des anciens bardes, qui contaient des épopées et des chants d’amour, ainsi qu’à la mouvance du renouveau du conte, initiée voici vingt ans par Henri Gougaud et Bruno de la Salle. Pour lui, le conteur est avant tout un chamane, un ” passeur d’histoires “, qui doit se mettre en état de transe et de ” possession ” pour laisser couler librement une parole autre, inspirée par les fées ou les dieux. Les spectacles de contes se transforment alors en véritables performances et prouesses scéniques.

Ces performances, à mi-chemin du conte et du théâtre, fruit d’un travail inspiré autant par l’art de la parole vivante des grands conteurs que du spectacle de rue ou de la commedia dell’arte, alliant rigueur de la composition et liberté de l’improvisation, sont proposées aussi bien dans l’atmosphère intime et chaleureuse de restaurants-cabarets comme le regretté Ogre de Barbarie à Paris ou la Baleine qui dit vagues à Marseille que sur les scènes des grands théâtres comme L’Européen à Paris, le Comoedia à Arles, l’amphithéâtre de la Verrière de la Cité du Livre à Aix-en-Provence ou le Palais des congrès de Marseille.

Quelques références et lieux de spectacles :

  • Festivals et organismes de formation
  • Salon du livre et des conteurs du Centre de Littérature Orale de Vendôme.
  • Atelier de la Parole d’Henri Gougaud.
  • Centre Méditerranéen de Littérature Orale, Alès.
  • Festival de Vassivière.
  • Le Festival ” Dis moi ” de Dunkerque.
  • Le Festival féerique de Locronan (créé par Edouard Brasey).
  • Les Oralies et Parléjades de Haute-Provence.
  • Lieux de spectacles
    Paris : Théâtre l’Européen, Centre Mandapa, Grande Salle de Beaubourg, l’Ogre de Barbarie, l’Ogresse, le Jardin des fées, le Web Bar, la Guinguette pirate.
    Orléans : Le Théâtre Gérard Philipe.
    Marseille : Le Palais des Congrès, la Baleine qui dit vagues.
    Martigues : La Grande Halle.
    Aix-en-Provence : L’amphithéâtre de la Verrière de la Cité du livre et de la Bibliothèque Méjanes.
    Rouen : Le Théâtre Duchamp-Villon.
    Aubagne : Le Théâtre Comoedia.
    Cannes : Le Théâtre de l’Ecole internationale.
    Centres culturels et médiathèques de Aix-en-Provence, Nice, Saint-Raphaël, Contes, le Lavandou, Cavalaire, Lure, Béthune, Château Gonthier, Notre-Dame de Gravenchon, etc.

    S P E C T A C L E S
    L’Heure du thé
    Contes asiatiques sur le theme du thé (Chine, Japon).

    Le Tour de Jules Verne en 80 minutes
    Spectacle cpnté ou onférence à partir des 80 Voyages extraordinaires de Jules Verne.
    Les Mille et une nuits
    Il existe mille et une façons d’aborder les Mille et une nuits, mille et un itinéraires, mille et une histoires et mille et une façons de les agencer, de les tresser, de passer de l’une à l’autre. Le chemin de Bagdad, dans lequel un mendiant va quérir la sagesse auprès d’un vieux sage amateur de loukoums à la pistache, croise soudain le chemin du Caire, dans lequel Marouf le cordonnier rencontre un djinn dans la Cité des morts après avoir été chassé de chez lui par son abominable épouse Fatima qui souhaitait manger des… loukoums à la pistache. Mais le marchand avait épuisé son stock, pour satisfaire la commande d’un certain vieux sage… de Bagdad…
    Contes à tiroir, contes miroirs, contes fleuves, tour à tour romantiques ou drôlatiques, énigmatiques ou facétieux, se déroulant au fil de spectacles à suivre ou de nuits du conte.
    Interview sonore (Kriss)

    Chercheurs de Vérité
    Les contes sont de grands sacs de mensonges dans lesquels se cache une perle de vérité. C’est à chacun de la retrouver… A travers des contes de sagesse issus des traditions soufi,bouddhiste, zen, hindoue, etc., voici une quête de la vérité tour à tour drôle et poétique. >>

    La Mémoire de Merlin
    Pour séduire la fée Viviane qui l’a enfermé dans une prison d’air, en forêt de Brocéliande, l’enchanteur Merlin lui raconte les plus beaux contes de Bretagne, Ecosse et Irlande. >>


    La Forêt enchantée
    Conte musical pour enfants à partir de 6 ans.
    Dans la forêt enchantée, tout est magique. Voici les ronds de fées, à l’intérieur desquels les belles demoiselles dansent de folles farandoles. Dans la mousse se cachent des lutins qui ressemblent à de drôles de champignons. Le soir, autour des dolmens et des pierres levés, les Korrigans se réunissent pour chanter la chanson des jours de la semaine, mais ils ont oublié la moitié des paroles. >>
    extrait sonore :


    V O Y A G E S C O N T E S
    Voyages contés en Egypte (désert blanc et Haute Egypte)
    Ces voyages contés sont l’occasion de découvrir ou redécouvrir la richesse des contes orientaux, des contes philosophiques soufis ou des facéties de Nasr Eddin Hodjah aux contes florissants et baroques des Mille et une nuits. En savoir plus
    Ecoutez:

    C O N F E R E N C E S
    Conférences sur les univers de Jules Verne ou conférences contées sur le thème du Petit Peuple des Fées, des esprits de la forêt, etc.

    Disques


    ” La Forêt enchantée “
    ecoutez un extrait
    Conte musical pour enfants de 3 ? 6 ans (CD). 15 euros port compris (France)
    www.laboiteahistoires.com email: contact@laboiteahistoires.com
    contact vente: Murielle Lebon. : 05 55 84 16 72 ou Fnac Junior, Amnesty International…

    ” A la recherche d’Alandys “
    Féerie musicale pour enfants de 5 à 12 ans (CD et spectacle)

    Théâtre

    ” A la recherche d’Alandys “
    Féerie musicale pour enfants de 5 à 12 ans
    Le lutin Müche a un beau métier : il est berger de fées. Mais le sorcier noir Eclipse a dévoré toutes ses fées, sauf la dernière, la plus belle, Alandys, celle qui apporte les rêves aux enfants. Pour retrouver sa fée, Müche rencontrera la sorcière Crochula, les nains de la forêt, les nymphes des eaux, les hommes taupes, le géant gardien des arbres et tous les autres personnages fantastiques de cette comédie musicale féerique, interprétée par une troupe de 30 comédiens et musiciens.
    Voir le site d’Alandys

    Télévision

    Il était une fée
    Avec Bernard Jourdain, 52′, France 2, 9 mai 1999.

    Des Anges, des démons et des hommes
    Avec J.-C. Deniau, 70′, France 3, août 1995.
    Suite, six ans après, de l’enquête sur le paranormal réalisée dans Le Sorcier habite l’immeuble.


    Le Sorcier habite l’immeuble
    Avec J.-C. Deniau, 52′, France 2, 30 octobre 1989.
    Enquête sur le phénomène de la magie et de la sorcellerie contemporaines.

    Radio

    Contes enregistrés pour l’émission de Noëlle Breham :
    ” La situation est grave mais pas désespérée “
    France Inter, juillet et août 2002.

    LA MEMOIRE DE MERLIN
     

    Spectacle conté tous publics (à partir de dix ans).

    Durée : 1 h 10 Regardez deux extraits du spectacle au Jardin des Fées

    Le sujet : Pour séduire la fée Viviane qui l’a enfermé dans une prison d’air, en forêt de Brocéliande, l’enchanteur Merlin lui raconte les plus beaux contes féeriques et celtiques de Bretagne, Ecosse et Irlande, exaltant les vertus du courage, de l’esprit chevaleresque et de l’amour courtois de héros issus de la mythologie celtique tels que Thomas le Rimeur, le poète écossais qui passa sept ans au Royaume des elfes, le roi Herla, qui pour son malheur invita le jour de ses noces le redoutable roi des Nains, ou le chevalier Gauvain, le plus vaillant des chevaliers de la Table Ronde, qui avait juré deux choses dans sa vie : ne jamais trahir l’honneur de son roi, Arthur, et ne jamais refuser l’amour d’une femme, quelle qu’elle fut.

    Dispositif scénique :
    Scène ouverture minimum 4×3 m, fond noir, un fauteuil ancien ou une chaise en bois noir.

    Moyens techniques :
    Mise à disposition d’un régisseur lumière/son.

    Régie lumière : régie de base comportant 4 ou 6 découpes, couleurs de base : blanc, rouge, jaune, bleu, vert, magenta.

    Régie son : un micro-cravate hp, un lecteur cd et amplis pour diffusion ambiance sonore.

    Petit extrait

    Dans les temps très anciens, vivait dans l’île de Bretagne un magicien qu’on appelait Merlin. On dit qu’il avait connaissance de toutes les magies et que ses pouvoirs étaient redoutables. On dit qu’il n’était qu’à demi humain, que sa mère était une jeune moniale et que son père n’était autre que le diable. A cause de cela, il était de tempérament solitaire. Il pouvait se montrer bon compagnon et gai convive, prodiguant mille bons tours à la cour du roi Arthur, mais assez vite il s’ennuyait en la compagnie des hommes. Il les trouvait trop limités, trop prévisibles, et il se désespérait de rencontrer jamais quelqu’un qui fut son égal en tout, et avec qui il pourrait partager ses secrets.
    Lorsqu’il se sentait trop seul, Merlin quittait l’assemblée des hommes et allait se réfugier dans la grande forêt sauvage. Là, il devenait le maître des éléments. Il prenait l’apparence d’un frêne blanc, sculptait son visage dans un rocher, glissait son corps dans la fluidité d’une rivière, se transformait en cerf, en sanglier ou encore en merle - car Merlin vient de merle. Il jouait avec les fées et les elfes des collines, commandait à la pluie et au vent, redevenait l’homme sauvage, et oubliait ainsi la tristesse de sa solitude.
    Or, par-delà la Manche, dans la forêt de Brocéliande, située en Petite Bretagne, vivait alors une toute jeune fille d’à peine seize ans, fille d’un seigneur local, qui se prénommait Viviane. Viviane était jeune, belle, raffinée, et aussi très intelligente. De nombreux partis s’étaient déjà offerts à elle, mais elle les avait tous écartés. Quels que fussent leur âge ou leur condition, elle refusait de répondre à la cour que lui faisaient les hommes. Non qu’elle ne crut pas à l’amour, mais au contraire parce qu’elle y croyait trop. Dès sa plus tendre enfance, elle rêvait de rencontrer un jour un homme qui fut plus qu’un époux, un amant ou un compagnon. Elle rêvait de rencontrer un guide, son guide, qui saurait l’initier à la magie de l’amour et de la vie. En attendant de rencontrer l’élu de son coeur, elle fuyait la compagnie des hommes et passait toutes ses journées dans la forêt de Brocéliande, à observer les biches courir et à écouter bruire le vent.
    Ce jour-là, Viviane était assise au bord de la fontaine magique de Barenton. A sa surface, l’eau se couvrait de temps à autres d’une multitude de petites bulles. On disait alors que la fontaine riait. Mais Viviane, elle, savait bien que ces bulles n’étaient autres que de minuscules ondines et fées de l’eau qui venaient ainsi la saluer. Elle les observait ainsi depuis un moment lorsqu’elle entendit le sifflement d’un merle. Levant la tête, elle vit l’oiseau dépasser la cime des arbres et aller se poser derrière un bosquet. L’instant d’après, surgit devant elle un tout jeune homme. Beau, bien mis, le sourire aux lèvres, le garçon s’avança vers elle. Il semblait à peine plus âgé qu’elle-même mais, lorsqu’il fut tout près, elle remarqua qu’il avait le regard d’un vieux sage.

    CHERCHEURS DE VERITE
    La mémoire de Merlin | La forêt enchantée

    Spectacle conté tous publics (à partir de six ans).

    Durée : 1 h 15


    Le sujet : “Si l’histoire que je vais vous raconter pouvait être gravée avec une très fine aiguille au coin de l’œil, elle donnerait beaucoup à réfléchir à celui qui la lirait. Ecoutez donc : Bagdad était à cette époque la perle de l’Orient. Un pauvre d’entre les pauvres, errant sur le marché, aurait donné jusqu’à sa vie pour obtenir le bien le plus précieux et le plus rare : la sagesse. Un vieux sage était prêt à l’aider dans sa quête, mais comme l’on n’a rien sans rien en ce bas monde, il lui fallait quelque chose en échange : un tapis.

    “Les contes sont de grands sacs de mensonges dans lesquels se cache une perle de vérité. C’est à chacun de la retrouver… A travers des contes de sagesse issus des principales traditions philosophiques et spirituelles du monde (soufi, bouddhiste, zen, hindoue, etc.), Edouard Brasey nous convie à une quête de la vérité tour à tour drôle, poétique et touchante.

    Dispositif scénique :
    Scène ouverture minimum 4×3 m, fond noir, un fauteuil ancien ou une chaise en bois noir.

    Moyens techniques :
    Mise à disposition d’un régisseur lumière/son.

    Régie lumière : régie de base comportant 4 ou 6 découpes, couleurs de base : blanc, rouge, jaune, bleu, vert, magenta.

    Régie son : un micro-cravate hp, un lecteur cd et amplis pour diffusion ambiance sonore.

    Petit extrait

    Si l’histoire que je vais vous raconter était inscrite au coin de l’œil au moyen d’une très fine aiguille, elle donnerait à méditer à qui sait réfléchir.
    Au temps du sultan Haroun Al-Rachid et des Mille et une nuits, Bagdad était la perle de l’Orient, la capitale sans rivale qui abritait, aux portes du palais où résidait le Commandeur des croyants et dans les ruelles qui irriguaient son immense marché, une foule bigarrée où se mêlaient riches marchands et voleurs rusés, saints derviches et mendiants faméliques, belles dames voilées se rendant au hammam et prostituées des bas quartiers, musiciens raffinés et crieurs de rues, sages et ivrognes.
    Dans ce marché foisonnant vivait un mendiant, un pauvre homme sans aucun bien terrestre qui avait soif de l’essentiel : la sagesse. Bien sûr, ne l’ayant pas encore trouvée, il ne pouvait savoir en quoi elle consistait, mais son cœur lui disait qu’il devait s’agir d’un bien inestimable, bien supérieur à tous les trésors de la terre. Et il s’était juré de tout faire pour obtenir cette chose invisible, immatérielle, inconnue et pourtant infiniment désirable : la sagesse.
    Il avait justement entendu dire que, dans une vieille maison de Bagdad vivait un vieux sage qui possédait la sagesse. Peut-être accepterait-il de la partager avec lui ? En tout cas, il ne perdait rien à essayer. Le mendiant trouva la maison du sage et frappa à la porte. N’ayant pas de réponse il entra et découvrit le sage affalé dans un monceau de poufs, en train de s’empiffrer de loukoums à la pistache.
    Le mendiant se prosterna, embrassa trois fois le sol devant les pieds du sage, invoqua sur lui la bénédiction du Très-Haut, enfin le supplia de lui accorder ce qu’il était venu chercher :
    - O toi, sage d’entre les sages, accorde-moi de goûter à la sagesse ! Je n’ai rien sur terre, je ne suis qu’un pauvre mendiant craignant Dieu, mais je ne trouverai jamais le repos que tu ne m’aies enseigné ce que je te demande. En échange, je suis prêt à être ton esclave, à faire ta cuisine et ton ménage, à te laver les pieds, à t’épouiller la tête et à frotter ta tunique…
    Le sage, lui, ne répondit rien. Il avait les yeux dans le vague, comme s’il rêvassait, et n’accordait aucun regard au mendiant. On aurait dit qu’il ne s’était même pas aperçu de sa présence. Il se contentait d’engloutir ses loukoums. Ses loukoums à la pistache.

    LA FORET ENCHANTEE
    La mémoire de Merlin | Chercheurs de Vérité

    Spectacle conté tous publics (à partir de six ans).

    Durée : 1 h Ecoutez un extrait:

    Le sujet : Le conteur entraîne les enfants dans le monde merveilleux de la Forêt enchantée, peuplée de nains, lutins, fées, elfes, sorcières, dragons et chevaliers. Ici, tout est magique ! Voici les ronds de fées, à l’intérieur desquels les belles demoiselles dansent de folles farandoles. Les elfes composent des concerts merveilleux en soufflant dans les branches des arbres. Dans la mousse se cachent des lutins qui ressemblent à de drôles de champignons. Le soir, autour des dolmens et des pierres levés, les Korrigans se réunissent pour chanter la chanson des jours de la semaine, mais ils ont oublié la moitié des paroles. Le conteur entraîne avec lui ses jeunes spectateurs dans ce monde fabuleux.

    Dispositif scénique :
    Scène ouverture minimum 4×3 m, fond noir, un fauteuil ancien ou une chaise en bois noir.

    Moyens techniques :
    Mise à disposition d’un régisseur lumière/son.

    Régie lumière : régie de base comportant 4 ou 6 découpes, couleurs de base : blanc, rouge, jaune, bleu, vert, magenta.

    Régie son : un micro-cravate hp, un lecteur cd et amplis pour diffusion ambiance sonore.

    Petit extrait

    Un jour, Joël et son amie Noëlle se promenaient dans la forêt enchantée pour ramasser des champignons. Ils avaient déjà rempli leur panier de cèpes, de mousserons, de chanterelles et de pieds-de-moutons lorsqu’ils découvrirent un cercle de fées. Avant que Noëlle ait pu l’en empêcher, Joël avait bondi au beau milieu du rond enchanté. Aussitôt, il se mit à danser en rond comme un fou, en lançant ses jambes en l’air et en poussant des cris. C’étaient les invisibles demoiselles fées qui l’avaient pris par la main et l’entraînaient dans leur ronde folle. Noëlle se demandait quel sortilège s’était abattu sur son compagnon. Elle s’approcha du cercle magique, et réfléchit au moyen de tirer Joël hors de là. Si elle entrait dans le cercle, elle risquait bien d’être emportée, elle aussi, dans la danse infernale. Mais si elle demeurait en-dehors, elle n’avait aucune chance d’attraper Joël. Il tournait trop vite. Comment faire ?
    C’est alors qu’elle entendit une petite voix qui l’appelait.
    - Eh ! Eh !
    Elle se retourna, mais il n’y avait personne. Elle regarda à droite, à gauche, en l’air, sans succès. Mais la petite voix continua :
    - Dans le panier ! Je suis dans le panier !
    Dans le panier ? Noëlle se pencha au-dessus du panier rempli de champignons et eut la surprise de découvrir un tout petit lutin en habit marron, coiffé d’un bonnet rouge, qui suffoquait en essayant d’atteindre les bords du panier.
    - Mais, qu’est-ce que tu fais là ? demanda-t-elle, toute étonnée.
    Le lutin répondit d’un air bougon.
    - Ce que je fais là ? C’est ton idiot d’ami qui m’a ramassé tout à l’heure, en me prenant pour un champignon ! Un champignon, moi, un honorable lutin vieux de trois cents années !
    Noëlle se mit à rire.
    - C’est que… C’est bien vrai que tu ressembles à un champignon, avec ton drôle de chapeau rouge, ton habit marron et tes bottes blanches. Ce que tu es mignon…
    - Ouais, ouais… Eh bien, aide moi à sortir d’ici, tu veux bien. Je n’ai pas envie de finir au fond d’une poêle. Je vous connais, vous les hommes. Vous mangez de tout. Même des animaux. Même des champignons. Vous seriez bien capables de manger des lutins !