Edouard Brasey prépare une vaste saga romanesque de “Fantasy mythologique” en quatre tomes à paraître chez Belfond dès octobre 2008.

Le titre: “La Malédiction de l’Anneau”. 1er tome: “Les Chants de la Valkyrie”.

Il s’agit d’une véritable “Tétralogie romanesque”, qui s’inspirera bien entendu de la Tétralogie de Richard Wagner, “L’Anneau du Nibelung”, mais aussi des sources mythologiques nordiques: l’Edda poétique, l’Edda épique, la Saga des Wölsung, la Chanson des Nibelungen, la Voluspa, etc.

Le tout romancé à la façon des romans historiques ou de Fantasy.

Le premier volume, “Les Chants de la Valkyrie”, met en scène Brunehilde, la valkyrie fille d’Odin et de Erda. Vierge fière et céleste, vêtue de son plumage de cygne pour aller choisir les héros morts au combat et les conduire au paradis du Walhalla, elle choisit de quitter la sphère éthérée de l’Asgard, le domaine des dieux, pour descendre sur terre, Midgard, où elle doit accomplir une mystérieuse mission auprès du roi du Hunaland, le descendant mortel d’Odin. Elle sacrifie sa divinité pour devenir humaine, et sa virginité pour devenir femme et mère.
Car aux yeux de Brunehilde, les dieux ne sont pas libres de leurs actes, corrompus par la malédiction de l’anneau d’Andvari, le roi des Nibelungen. Les dieux sont destinés à disparaître dans le fameux Ragnarök, le Crépuscule des dieux.
Les hommes, au contraire, malgré leurs faiblesses et leurs manques, bénéficient du libre-arbitre, de la capacité à aimer plus qu’eux-mêmes, du courage de surpasser leurs limites et du repos rassurant de la mort.
Leur sort est infiniment plus enviable que celui des dieux.
Devenue scalde, Brunehilde, sous le nom de Saga, chante alors la longue histoire des dieux, des hommes, des nains, des géants, des alfes noirs et des dragons.
Ce sont les chants de la Valkyrie…
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Voici, en exclusivité, le Prologue du Premier tome:

“Mon nom est Brunehilde. Je suis une valkyrie, née comme mes sœurs de la semence sacrée du dieu Odin et du ventre ombreux de Erda, la déesse Terre. Sur la roue éternelle du temps, j’ai été tour à tour fière déesse, guerrière farouche ou femme soumise aux bonheurs et aux tourments humains. J’ai connu les félicités et les béatitudes réservées aux divinités, j’ai connu l’enthousiasme et l’ivresse des combats, j’ai connu les vertiges de l’amour, les poisons de la trahison et la saveur amère de la vengeance, mais je n’ai pas connu la sérénité de la mort.
Je suis une valkyrie, et je suis immortelle.
A me voir, on me croirait à peine sortie de l’enfance. La fraîcheur de mon teint, l’éclat bleu de mon regard, la lumière d’or rouge de ma chevelure étroitement nattée, l’allure athlétique de ma silhouette sont ceux d’une vierge avide de croquer dans la chair de la vie. Je suis jeune d’aspect, belle de visage, solide et forte de corps, et pourtant j’ai vécu plus de vies que si j’avais mille ans. Née d’un dieu, le plus grand de tous, je ne puis connaître ni la vieillesse ni la mort, ces réconforts de l’âme réservés aux mortels qui, sans en connaître le prix, les redoutent et les fuient. Eternellement jeune, belle à jamais, j’aspire pourtant, en vain, aux rides qui flétrissent la peau, aux cheveux grisonnants, aux chairs qui s’affaissent, à la mort, enfin, la grande libératrice qui seule peut offrir le repos véritable. Pour mon malheur je suis, je serai toujours vivante dans mon enveloppe intacte et glorieuse. Et ce jusqu’à la fin annoncée de ce monde, le Ragnarök, le crépuscule des dieux.
Oui, j’ai eu plusieurs vies, et je me souviens de chacune d’entre elles avec une précision telle que je pourrais en faire le récit détaillé, seconde après seconde. Je me souviens de tout, des visages, des noms, des destins aux fils emmêlés par les Nornes sagaces, des luttes fratricides, des amours contrariées, des haines et des vengeances. Tantôt j’étais l’amante, d’autres fois la rivale, ou bien encore l’alliée, la mère, la nourrice, et bien sûr la guerrière, la vierge casquée survolant les champs de bataille dans son manteau de cygne. Oui, j’ai été déesse et simple mortelle, glorieuse valkyrie et reine bafouée, adorée et aimée, trahie et vengée. J’ai vécu à l’Asgard, la demeure des Ases, ces dieux suprêmes siégeant dans les cieux, et dans les palais des rois de la terre. J’ai ressenti toute la palette des émotions qu’éprouvent les hommes et des passions qui animent les dieux. J’ai aimé, j’ai haï, j’ai donné la vie et j’ai fomenté la mort. J’ai conservé le souvenir de chacune des actions qui composent la trame de ma trop longue existence. Car la mémoire est l’apanage des immortels.
L’immortalité… Elle est une récompense pour les Vals, les valeureux guerriers trépassés admis à batailler et ripailler au Valhalla, la Halle des Occis, jusqu’à la fin des temps. Pour moi, elle est un fardeau bien lourd à porter, l’assurance d’un châtiment éternel.
Regardez-les… A la lueur des torches enflammées portées par d’immenses candélabres de fer noir enchâssés dans les murailles du Valhalla, dont la voûte est soutenue par des lances projetant des rayons lumineux et le toit recouvert de boucliers étincelants gravés d’entrelacs et de scènes martiales, les Vals se défient à la lutte. Ils font tournoyer leurs lourdes épées au-dessus de leurs têtes avant d’en frapper leurs adversaires. Chaque coup est porté avec une telle violence que les boucliers se fendent, les broignes de cuir se déchirent, les casques à cornes et cimier de bronze volent en éclat. Le sang gicle des blessures comme une source vive trop longtemps contenue. Des braves éventrés tombent à terre en poussant d’épouvantables hurlements d’agonie, tenant à deux mains la grappe vineuse de leurs viscères libérés. D’autres, le cou tranché, continuent un instant de ferrailler tandis que leur tête roule sur le sol comme une balle grimaçante, puis s’affalent enfin comme des pantins désarticulés. Pourtant, à peine sont-ils morts qu’ils se relèvent aussitôt, le corps intact, et reprennent la rixe interrompue par l’illusoire trépas.
Ces assauts durent ainsi des jours entiers, sans répit, et forment le principal divertissement des hôtes du Valhalla. Ici demeurent les guerriers tombés vaillamment sur les champs de bataille, choisis par nous, les valkyries, comme étant les plus dignes de venir séjourner dans ce paradis des guerriers. Etant déjà morts sur terre, ils ne peuvent mourir à nouveau. Mais leur soif de combats est telle qu’ils revivent sans fin, dans les moindres détails, les ultimes moments qui ont précédé leur trépas. Ils rejouent ainsi leur mort, à l’infini, sans se lasser, tombant sans vie à terre pour se relever sans délai, se battre et mourir à nouveau. Et il en sera ainsi jusqu’à la fin de ce monde, jusqu’au Ragnarök.
En compagnie de mes sœurs, vêtue comme elles d’un plumage de cygne blanc, coiffée d’un casque ailé, j’ai survolé les landes où les hommes s’affrontent, les armes à la main. J’ai assisté aux duels, aux bagarres, aux massacres, et longtemps je n’ai connu des mortels que leur agonie. J’ai vu tant de guerriers valeureux mourir, tant de corps s’effondrer, tant de regards se voiler au moment de basculer de l’autre côté des apparences, que pour moi la vie et la mort se confondent en une même étreinte, comme des amants qui s’aiment en se tuant et se tuent en s’aimant. Pourtant, j’ai moi aussi vécu la vie d’une mortelle. Moi aussi, j’ai aimé. Moi aussi, j’ai tué. Moi aussi j’ai vécu et je suis morte. Du moins j’ai essayé. Mais la mort m’a fuie, comme elle fuit ces héros qui ne cessent de mourir et de renaître, et cela éternellement.
Parfois, Odin nous fait l’honneur de sa visite. Odin, le dieu suprême de l’Asgard, Odin le détenteur de la sagesse des runes, Odin le borgne, coiffé d’un casque surmonté de deux cornes, Odin, porteur de l’anneau magique Draupnir et de la lance Gungnir, Odin chevauchant Sleipnir, son cheval à huit pattes, Odin toujours flanqué de ses deux loups et de ses deux corbeaux. Lorsqu’ils ne sont pas perchés sur les épaules du dieu, ses ténébreux compagnons s’envolent à tire d’ailes jusqu’aux confins éloignés du monde afin d’y glaner des secrets, des rumeurs, des révélations qu’ils viennent ensuite murmurer aux oreilles de leur maître. Ainsi, rien ne peut rester caché à Odin, ni dans le ciel de l’Asgard, ni sur la terre des hommes, ni dans les profondeurs ténébreuses de Svartalaheim et de Niflheim où demeurent les nains et les Alfes noirs, ni dans aucun des neuf mondes où vivent et grouillent tous les peuples de la création.
Odin a de multiples enfants qu’il a essaimés de par les mondes, nés d’une multitude d’amantes. Déesses, géantes ou simples mortelles. Odin est le père des dieux, il est aussi celui des hommes. Mais cette lignée humaine est maudite. Mon crime fut de la perpétuer malgré tout. C’est pourquoi j’ai été maudite à mon tour. Et mes tourments n’auront pas de fin.
Justement le voici ! Voici mon père, voici Odin le dieu borgne et suprême qui paraît dans la Halle des Occis ! N’est-il pas d’un aspect saisissant à voir ? A son apparition, les Vals sont pénétrés de respect. Ils cessent de se quereller pour faire fête au dieu qui s’installe à la place d’honneur de la salle des banquets et ordonne le début des réjouissances. C’est à cet instant que paraissent mes sœurs. Elles déposent, au milieu de l’unique table autour de laquelle se sont assis les braves, un plat dans lequel repose un sanglier fumant, longuement bouilli dans un chaudron magique. Le fumet que dégage ce mets est si puissant et si épicé qu’il éveille l’appétit des hommes attablés. Les valkyries découpent de larges entailles dans la chair de l’animal afin d’en remplir les écuelles de leurs protégés qui, sans attendre, mordent à belles dents dans la viande délicieusement juteuse. A peine ont-ils fini qu’ils demandent d’un geste à être resservis. Le sanglier suffit à les nourrir tous, et il les nourrira demain encore. Car chaque nuit, il suffit de plonger les restes de sa carcasse dans le chaudron où il a mijoté tout le jour, pour qu’au matin suivant sa chair se soit entièrement reconstituée comme par enchantement. Ainsi le sanglier à la viande inépuisable nourrira les héros du Valhalla jusqu’au redouté Ragnarök qui marquera la fin de ce monde.
Odin, lui, ne mange pas. Pour toute nourriture, il se contente d’un peu de vin, tandis que les Vals absorbent de larges rasades de bière tiède dans les grandes cornes à boire que leur remplissent les valkyries, ou bien portent à tour de rôle leurs lèvres dans une coupe d’or emplie d’hydromel, le nectar d’ivresse et de sagesse. Tout en ripaillant, ils choquent leurs cornes et se donnent de grandes claques dans le dos tout en poussant des éclats de rire. Se battre, boire et manger : il n’y a pas plus de grands délices pour ces guerriers, aussi se réjouissent-ils bruyamment, et ainsi se réjouiront-ils jusqu’à la fin de ce monde, jusqu’au crépuscule des dieux.
Moi aussi, je suis dans la salle des banquets, mais je ne sers pas à boire et à manger aux guerriers morts, comme le font mes sœurs. Comme Odin mon père, le dieu sombre perpétuellement perdu dans ses pensées, je garde le silence. Je suis là, physiquement, mais ma mémoire m’entraîne vers d’autres rivages, d’autres cieux, d’autres époques. Dans ce monde hors du temps, rythmé en permanence par les combats sans fin et les joyeuses agapes, je me tourne inexorablement vers le passé pour revivre les étapes heureuses et douloureuses de ce que fut ma vie, où plus exactement mes vies, car j’ai vécu plusieurs existences. Et je donnerais toute l’éternité pour la grâce de pouvoir en revivre ne serait-ce qu’un seul instant. Mais cela est impossible, et je suis condamnée à la maigre consolation de ceux qui n’ont plus rien à espérer : le souvenir.
Alors, comme ce soir, quand mon cœur est trop lourd de mémoire, et menace de déborder, je prends ma harpe et commence à égrener des notes. Les Vals cessent de brailler et se tournent vers moi, graves soudain. Se battre, boire et manger ne sont pas les uniques plaisirs que leur procure le Valhalla. Ils aiment aussi à rêver, vibrer, rire, s’émouvoir et pleurer au récit des hauts faits qui tissent la trame du destin des hommes et des dieux. Ils aiment à écouter la voix des scaldes et des poètes leur narrer la saga des temps anciens.
A présent, le Valhalla est plongée dans un profond silence. Plus de cliquetis d’armes ni de beuglements avinés. Les guerriers défunts sont prêts à m’écouter avec toute l’attention dont ils sont capables. Là-bas, trônant en bout de table, mon père Odin demeure le regard dans le vague. Mais je sais qu’il m’écoute aussi. Car je suis sa mémoire et sa malédiction, et il ne peut échapper à ce que j’ai à dire. Les dieux ne sont pas libres. Ils sont enchaînés par les conséquences de leurs propres actions. Odin a beau être le dieu suprême, il doit subir jusqu’au bout le sortilège d’une voix de femme.
J’accorde mon timbre au ruissellement de ma harpe et je commence mon chant. Le chant de la valkyrie.”

© Edouard Brasey et Editions Belfond 2008.
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10 février 2008

Je viens de terminer la rédaction de la troisième partie du premier tome de ma Tétralogie “Les Chants de la Valkyrie”. Il y en aura cinq en tout. Le début a demandé un gros travail d’imagination car mon action se situe bien en amont de ce que l’on connaît du mythe, notamment grâce à la Tétralogie de Wagner. J’ai dû inventer des personnages, en étoffer d’autres, créer un univers cohérent qui emprunte à la fois au mythe, à la légende et à l’Histoire. Pas toujours évident… D’autant plus que la mythologie norroise est fort complexe, peu connue dans nos pays latins, et comporte pléthore de personnages aux noms imprononçables! Il a fallu rendre tout cela accessible au lecteur novice, sans pour autant trahir le vieux fonds culturel qui sous-tend cette histoire… Toute réflexion faite, et humilité mise à part, je ne suis pas mécontent de moi!
A présent, avec la quatrième partie de mon tome 1, j’aborde des rivages mieux connus, puisqu’il s’agit de retracer le mariage de Hunding avec Sieglinde, la visite du Wanderer (Odin) qui enfonce une épée dans un chêne, mettant au défi quiconque de l’enlever en dehors du héros prédestiné (Siegmund) - en passant, cela rappelle l’Excalibur du roi Arthur, vous ne trouvez pas? Puis la guerre du clan des Wälsung et de celui d’Hunding, pour finir par les amours incestueuses des jumeaux, Siegmund et Sieglinde… La cinquième partie de mon tome 1 verra la conséquence de ces amours: la naissance de Siegfried. Et le livre finira, bien sûr, par les adieux d’Odin à Brunehilde, comme dans le dernier acte de la Valkyrie - celle de Wagner. La suite sera au prochain tome, prévu pour le printemps prochain (le tome 1 sort en octobre 2008, je vous le rappelle…)
Bon, tout cela est très résumé, forcément. Cela va vivre grâce à des péripéties annexes, et l’intervention des dieux: Odin, bien sûr, mais aussi Loki, le “diablotin” de l’Asgard, son fils Fenrir, le loup cosmique…
Allez, je m’y remets…

30 mai 2008

Ca y est, je suis presque au bout de ma rédaction! Il ne reste à rédiger que la scène finale des adieux d’Odin à Brunehilde… Le premier tome fera tout de même 450 pages! Et je dois m’y remettre aussitôt si je veux publier le second tome pour le printemps 2009!

15 juin 2008

Eh bien c’est terminé! Brunehilde est endormie sur son rocher, entourée des flammes de Loki. Elle peut reposer jusqu’à ce que Siegfried vienne la réveiller. Mais ça, ce sera dans le deuxième roman, “Le Sommeil du dragon”. Et avant cela, il faudra assister à la confrontation entre Fafnir et Siegfried. A votre avis, qui sera le véritable gagnant?