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Prix public   : 19,00 

14,95 €

Traité de vampirologie

Traité de vampirologie

Abraham Van Helsing (Dr)

480 pages

Couverture cartonnée façon grimoire

Réf : 412973

Résumé

Les vampires existent-ils ? Quelles formes prennent-ils pour séduire les humains et leurs familles ? Quelles sont les armes pour les détruire ?
C’est à ces questions épineuses que répond ce Traité, rédigé au début du XXe siècle par le plus grand chasseur de vampires, le docteur Van Helsing, qui terrassa Dracula de la pointe de son épieu.
Cet authentique grimoire est parfaitement documenté sur tous les aspects du vampirisme tels que nous pouvons les connaître par l’Histoire, les légendes, le folklore, les croyances et les superstitions. D’anciens traités et nouvelles, signés de grands maîtres du fantastique tels Poe, Hoffmann ou Dom Calmet, viennent compléter cet ouvrage. Une référence à conserver sur sa table de chevet, entre le crucifix et les chapelets de fleurs d’ail.

Pourquoi on l’a choisi

Sensationnel ! On vient de retrouver le savant traité que le docteur Van Helsing, vainqueur du célèbre Dracula, a consacré aux vampires. Histoire, légendes, superstitions, œuvres littéraires, tout est dit, avec l’érudition et l’humour mordant qui caractérisent le héros de Stocker. Un objet cadeau superbement présenté et illustré, façon grimoire, à offrir enrubanné d’un chapelet d’ail.

Extrait

Avertissement

Je n’ai guère de goût à l’écriture. Tenir le calame est une torture infligée à mes vieux doigts perclus d’arthrose. Ayant négligé en mes jeunes années l’apprentissage de la sténographie, technique fort appréciable pour la prise de notes rapide et qui m’eût été fort utile lors des longues années d’études médicales, philosophiques et métaphysiques que je suivis dans les plus grandes facultés européennes, je suis contraint d’aligner les mots les uns à la suite des autres, sur les lignes de mon cahier relié en toile bleue, comme des moutons frileux et paresseux dont les contours tremblotants sont soulignés à l’encre mauve. Non, décidément, je n’aime point écrire, et si j’entreprends aujourd’hui la rédaction du présent traité, c’est parce que j’y suis contraint par une exigence et un sens du devoir qui dépassent de beaucoup mon aspiration, pourtant légitime, au repos. C’est que je suis un vieil, un très vieil homme, et ma longue vie bien remplie ne m’a jusqu’ici laissé que peu de loisirs ! Il serait bien temps pour moi d’aller flâner chaque matin le long des canaux de la bonne ville d’Amsterdam qui m’a vu naître et me verra un jour mourir, et de m’autoriser, le soir, un bock de bière trappiste, agrémentée d’une pipe bourrée à l’Amsterdamer, dans l’une de ces tavernes chaleureuses qui bordent le Quartier rouge. Oh oui ! Que j’aimerais ne rien faire d’autre de mes journées que de divaguer par les ruelles tortueuses de la vieille cité, et de médire et ratiociner avec d’autres vieillards de ma trempe sur l’inconséquence de la jeunesse, l’inutilité de la vieillesse et l’absurdité de la vie ! Hélas ! Ces distractions bien inoffensives me sont interdites, et aux vapeurs de la bière et fumées du tabac, je dois préférer la rigueur ascétique de mon cabinet de travail, dont les étagères croulent sous le poids des ouvrages de science et d’ésotérisme. Car ma tâche en ce monde est désormais, dussè-je y épuiser mon dernier souffle, de rédiger cette œuvre qu’il m’était destiné d’écrire, et que j’offre à tous ceux qui, de près ou de loin, ont été ou seront confrontés à l’un des plus grands maux que l’humanité ait jamais connus, afin de les aider à en appréhender les causes et les origines et à en combattre les effets néfastes. Oui, ma mission est de rédiger, puis de publier, sans doute à mes frais car je doute qu’un éditeur ait jamais le courage d’inscrire à son catalogue un mémorandum consacré à un sujet aussi périlleux, un authentique et définitif Traité de vampirologie !

Les vampires ! Ils sont depuis l’origine des temps la plaie suppurante ouverte dans la chair de l’humanité souffrante, la force obscure qui, sans arrêt, détourne les hommes de la pratique du bien et des lumières de la religion, l’hydre monstrueuse aux milliers de têtes repoussant sans cesse au fur et à mesure qu’on les tranche, la filiation maudite de Satan et de Caïn, ces ennemis acharnés des fils d’Adam.

Pourtant, leur existence est, aujourd’hui encore, contestée sur les bancs de la faculté de médecine. Les vampires sont considérés comme des créatures imaginaires nées des divagations de cerveaux faibles et malsains, des fantasmes issus de rêveries nébuleuses propres aux lunatiques, des êtres de légende tout juste bons à alimenter les récits mensongers des conteurs à la veillée et à fournir matière à cauchemars aux enfants, sujets à la peur du noir et à l’angoisse de la solitude nocturne.

Loin de moi l’idée de condamner ces contes et légendes, ces superstitions et croyances qui choquent généralement les hommes de science. Car elles sont, à dire vrai, les seules sources dignes de foi qui nous ont été léguées par les siècles passés, et aussi parce que, grâce à elles, les hommes, à l’exclusion des savants, ont toujours cru à l’existence des vampires, et ont ainsi appris à s’en défier, et le scepticisme ambiant qui prévaut en notre siècle matérialiste et terre à terre n’y pourra rien changer. Oui, c’est dans les anciens contes, les légendes oubliées, les croyances étranges et les superstitions d’un autre âge que l’homme de science véritable, c’est-à-dire sans œillères, doit plonger s’il désire faire toute la lumière sur ce phénomène trop longtemps ignoré. Ignorance qui a permis aux vampires de croître et de proliférer en toute quiétude !

Car les vampires existent, oui, et pas uniquement dans les histoires à faire peur. Et si quelqu’un a le droit, et le devoir, d’affirmer haut et fort ce terrible constat, c’est bien moi, Abraham Van Helsing, docteur en médecine, docteur en philosophie, docteur ès lettres, docteur ès sciences, docteur en théologie, maître de recherches et enseignant à l’université de médecine de Londres, présentement à la retraite. À cette longue liste de diplômes prestigieux, je dois ajouter une spécialité non reconnue par la Faculté, et pourtant ô combien utile et nécessaire, celle de chasseur de vampires ! Oui, moi, Abraham Van Helsing, j’affirme que les vampires existent, car je les ai combattus toute ma vie. Et mon tableau de chasse s’honore de l’un des plus dangereux représentants du genre : le comte Dracula, que je pourchassais naguère de Londres jusqu’en Transylvanie, en compagnie du jeune Jonathan Harker et de son adorable épouse Mina, de Lord Arthur Godalming, de mon élève le docteur Seward, sans oublier Quincey Morris ! Le pauvre homme est mort en plongeant son arme dans le cœur du comte Dracula, dont le cercueil était acheminé dans son château au milieu des Carpates. Oui, je suis l’homme qui a démasqué, combattu et détruit Dracula, j’ai versé mon sang pour redonner vie à l’une de ses victimes, la pauvre Lucy Westenra. À présent, je troque le sang contre l’encre, et le pieu contre la plume, mais il s’agit toujours de la même chasse !

Toutefois, je ne reviendrai pas sur les circonstances qui ont entouré l’existence ignoble de Dracula et sur la part notable que j’ai prise dans son éviction définitive de la terre des vivants. Le récit en a déjà été fait, avec plus de talent que je n’en aurai jamais, par mon grand ami Abraham Stocker, membre émérite de la confrérie initiatique secrète de la Golden Dawn et auteur du roman consacré au comte Dracula. Nul n’ignore plus les échanges de carnets intimes et de correspondance entre les divers protagonistes de cette sombre et dramatique histoire, et je renvoie ceux qui les méconnaîtraient encore à la lecture de cet excellent ouvrage.

Mon but ici est autre. Il est de rédiger, en homme de science que je suis, un traité sérieux et abondamment documenté sur ce terrible sujet, dont le seul énoncé suffit à hérisser mes poils, jadis roux, à présent blancs comme neige. Mais je dois faire abstraction de ma sensibilité et de mon légitime dégoût pour ne retenir que les faits saillants et manifestes, qui, je l’espère, permettront aux chasseurs de vampires à venir de poursuivre, à leur façon, ce qui a été l’œuvre de ma vie.