Interview dans “Le Figaro” au sujet des “Royaumes du Nord” de Philip Pullman

Dans la presse Pas de commentaires »

Dans l’édition du mercredi 5 décembre 2007 du “Figaro”, un article consacré à la sortie en salles du film “Les Royaumes du Nord” d’après Philip Pullman comprend un bref interview de votre serviteur au sujet du succès des sagas de fntasy au cinéma.
Bonne lecture

Mon “portrait” dans “Le Mag” d’Editis

Dans la presse Pas de commentaires »

Le Mag

Satan mène le bal à la cour de France (mon article paru dans Historia)

Dans la presse Pas de commentaires »

Satan mène le bal à la cour de France

 

Par Edouard Brasey, écrivain

Tableau de Brylaz


Il s’en passe de belles sous le règne des Valois ! A l’instigation de Catherine de Médicis, très portée sur la magie noire, on use de maléfices pour éliminer les adversaires politiques. Il paraît que ça marche…

Al’époque de la Renaissance, la pratique de la sorcellerie et de la magie noire est telle que la cour de France elle-même n’en est pas exempte. Le règne des Valois, notamment, est entaché de multiples cas d’envoûtements, dont la plupart sont perpétrés à l’instigation de Catherine de Médicis. Née à Florence, celle-ci a été initiée dès son plus jeune âge à la magie et à l’art des poisons. Devenue veuve d’Henri II, elle continue à exercer le pouvoir durant la régence de ses deux fils, Charles IX et Henri III. On dit qu’elle porte sur l’estomac, en guise de protection, une peau d’enfant égorgé, semée de figures et de caractères cabalistiques, et entretient auprès d’elle une troupe d’astrologues, alchimistes, mages et sorciers de tout poil. Parmi eux, Cosme Ruggieri, fils du médecin de Laurent le Magnifique.

En 1570, redoutant l’influence du prince de Condé, de l’amiral de Coligny et de son frère d’Andelot sur Charles IX, Catherine de Médicis commande à Ruggieri un « envoûtement d’airain ». Pour mettre en oeuvre ce redoutable maléfice, le mage florentin fait fondre en grand secret par un artisan du Marais trois statues de bronze à l’effigie exacte des trois chefs huguenots. Ces statues sont ensuite percées de trous à divers endroits stratégiques, notamment les jointures et la poitrine, dans lesquels viennent se loger des vis en acier. Le mage n’a plus qu’à prononcer certaines paroles magiques, empruntées à un petit ouvrage plein de caractères hébraïques, tout en serrant très lentement les vis… Quelques mois plus tard, Condé tombe de cheval à la bataille de Jarnac et est abattu par un gentilhomme de la garde royale. D’Andelot meurt dans les mêmes conditions à Montcontour le 3 octobre. Sur les corps des deux hommes, les médecins notent la présence d’étranges marques sur les articulations des bras, les cuisses et la poitrine… Quant à Coligny, il tombe gravement malade mais survit aux attaques occultes de Cosme Ruggieri. Ce n’est que pour mieux périr, trois ans plus tard, lors de la Saint-Barthélemy.

Mais Cosme Ruggieri joue double jeu. Bien que grassement rétribué par Catherine, qui met à sa disposition le château de Chaumont où il poursuit à grands frais la quête de l’or alchimique, le Florentin trempe dans le complot fomenté par deux amis intimes du duc d’Alençon, frère de Charles IX et prétendant au trône : Annibal Coconnas, un noble piémontais, et le comte de La Mole, amant de Marguerite de Navarre, fille de Catherine et future épouse d’Henri IV, surnommée familièrement la reine Margot.

Pour hâter la mort de Charles IX qui, à 24 ans a l’apparence d’un vieillard et crache des litres de sang, Ruggieri modèle une statuette de cire à l’effigie du roi, dans laquelle il plante un clou acéré au niveau du coeur. Mise au courant du complot, Catherine de Médicis fait écarteler à quatre chevaux La Mole et Coconnas, avant de faire clouer ce qui reste de leurs corps aux portes de Paris. Quant à Ruggieri, elle le fait cruellement torturer, puis l’exile à Marseille, antichambre des galères, avant de le gracier et le rappeler à elle au printemps de 1574 pour améliorer le sort du jeune Charles IX, toujours moribond.

Cosme Ruggieri propose alors à la reine d’organiser une séance de nécromancie, la « cérémonie de la tête qui parle ». Dans la nuit du 28 mai 1574, dans l’une des neuf tours du château de Vincennes, encore appelée aujourd’hui la tour du Diable, Ruggieri, accompagné d’un moine apostat, dresse un autel couvert d’un drap noir, éclairé par des chandelles noires, sur lequel est posé un calice d’ébène rempli de sang coagulé, ainsi qu’une hostie blanche et une hostie noire. Au-dessus de l’autel, l’effigie de la Mère des Ténèbres est couverte d’un triple voile noir. Accompagnée de deux intimes et de Charles IX, Catherine donne l’ordre de commencer la messe noire.

On fait alors entrer un enfant juif, jeune catéchumène qui s’apprête à recevoir le baptême. Le prêtre noir commence à dire la messe démoniaque, blasphème le Dieu des chrétiens et consacre les hosties à Satan. Mais à peine a-t-il donné l’hostie blanche à l’enfant en guise de communion que l’un de ses aides empoigne une épée et décapite le nouveau baptisé. Le moine se saisit de la tête et la pose sur l’hostie noire. C’est à ce moment précis que Charles IX doit se pencher vers la tête et l’interroger sur l’avenir. Le souverain murmure une question inintelligible aux personnes présentes. Après un long silence, les lèvres de la tête coupée s’agitent et exhalent dans un murmure les paroles suivantes : « J’y suis forcé… J’y suis forcé… » Que signifient ces paroles ? Nul ne le sait. Sauf peut-être le roi qui, de saisissement, s’évanouit. Lorsqu’il reprend conscience quelques minutes plus tard, grâce aux sels qu’on lui a fait humer, il hurle : « Qu’on éloigne cette chose de moi ! »

Deux jours plus tard, après une agonie atroce au cours de laquelle il vomit du sang et pousse des cris de terreur, le roi Charles IX s’éteint, le 30 mai 1574, âgé d’à peine 25 ans. Les médecins chargés de l’autopsie témoignent que son coeur était racorni, comme si on l’avait longuement exposé aux flammes…

Le frère de Charles IX, qui lui succède sous le nom d’Henri III, use à son tour de magie noire pour envoyer des sortilèges de mort à la puissante famille des Guises, coupable d’alimenter la Ligue. Les principaux chefs de la coalition meurent assassinés en d’étranges circonstances. Les Guises se défendent en conviant leurs familiers à la cathédrale Notre-Dame, afin de transpercer d’aiguilles des statuettes de cire représentant la famille royale. Henri III fait alors fabriquer des contre-charmes grâce à des grimoires de sorcellerie qu’il fait venir d’Espagne où ils circulent librement à la cour de Philippe II. Cela ne l’empêche d’être assassiné en 1589. L’époque baigne à ce point dans l’obsession de la sorcellerie et de la magie noire que l’on croit que la main du régicide, Jacques Clément, était dirigée par des larves formées magiquement à la suite de cérémonies d’envoûtement et de haine.

L’année même de la mort du roi, un pamphlet séditieux paraît sous le titre Les Sorcelleries de Henri de Valois et les Oblations qu’il faisait au Diable dans le Bois de Vincennes . On y lit : « Henri de Valois et d’Epernon, avec ses autres mignons, faisait quasi publiquement profession de sorcellerie, étant commune à la cour entre iceux et plusieurs personnes dévoyées de la foi et religion catholiques. […] On a trouvé dernièrement, au Bois de Vincennes, deux satyres d’argent, de la hauteur de quatre pieds. Outre ces deux figures diaboliques, on a trouvé une peau d’enfant, laquelle avait été corroyée ; et sur icelle y avait aussi plusieurs mots de sorcellerie, et divers caractères. […] Lorsque plusieurs, dans les années 1586 et 1587, avaient été condamnés à mort pour sorcellerie, il [Henri III] les faisait renvoyer absous. Il ne faut pas s’émerveiller si, ayant délaissé Dieu, Dieu ne l’ait aussi délaissé. »

Contrairement aux Valois, Henri IV ne croit pas à la sorcellerie, qu’il qualifie de « sottises de femmelettes ». Mais il se trouve malgré lui associé aux intrigues florentines ourdies par les Médicis. Or, en 1599, Gabrielle d’Estrées meurt prématurément alors que le roi allait l’épouser. Dix ans plus tard, celui-ci est assassiné. Conséquence d’un sortilège ? Cosme Ruggieri, encore lui, avoue avoir tenté de l’envoûter. Et il avait prédit l’assassinat du roi. De là à penser qu’il l’avait magiquement fomenté…

Sources Historia

un article sur www.eslaria avec des extraits de mes livres

Dans la presse Pas de commentaires »

Voici un article paru sur le site: un article dans http://www.eslaria.com/fees_brasey

Edouard Brasey ou le spécialiste des Fées

Edouard Brasey est conteur et écrivain. Il a écrit plusieurs ouvrages de référence sur les peuples de la nature. En fait, ses ouvrages font partie des inspirations de l’Oracle des Elémentaux. Un expert du genre, dont vous pourrez découvrir bientôt l’interview sur eslaria.com, ainsi que sa bibliographie et la présentation de son site.

Que l’on parle de dragons, d’elfes, de sylphes ou de sirènes, Edouard est intarissable ! Mais sa plus grande spécialité est sans doute l’étude des fées. Que serait le monde des élémentaux sans elles ? Ce sont les êtres fascinant le plus les humains. Une sorte d’idéal féminin, pleines de fraîcheur de d’ondes bénéfiques. Leur beauté, leur fragilité, leur douceur attire, hommes autant que femmes. Les enfants en font leurs protectrices. Quant aux animaux, ils les aperçoivent bien plus souvent que nous.

Mais les fées sont plus puissantes qu’on ne le croit. Gare à celui qui les mettra en colère ! La grâce n’empêche pas la hargne, et ces êtres ne sont pas prêtes à s’en laisser compter. Leurs pouvoirs magiques sont innombrables et font partis de leur personnalité.
Il existe presque autant de pouvoirs différents que de fées. Elles sont du peuple de la terre mais savent s’élever dans les airs. A elles seules, elles séduisent lutins, elfes et humains. Combien d’âmes éperdument amoureuses ont perdu la raison à cause d’elles ? Attention, ne perdez pas la tête… et gardez les pieds sur terre. Les fées sont très sauvages, bien plus encore que le moins docile des animaux.

Et pourtant ! Elles aiment passer du monde de la féerie au notre. Elles aiment nous voir, nous observer, et parfois communiquer avec nous. Le moyen âge mis fin à la belle harmonie qui régnait entre ces deux dimensions. Les fées furent chassées et répudiées, ont les vit de moins en moins. Mais aujourd’hui, des siècles plus tard, elles commencent
à pointer de nouveau le bout de leurs ailes… les croyances sont moins taboues qu’auparavant. Et plus l’on croit aux fées, plus elles réapparaissent. Car on leur donne alors la clé pour venir chez nous.

Penchons nous sur l’excellent “Guide du chasseur de Fées” d’Edouard Brasey ( Editions Le pré aux Clercs ), et laissons l’auteur approfondir le sujet…

Le crépuscule des dieux - Le calendrier magique

Les portes ouvrant sur l’autre monde

La petite société des fées

Quelques fées célèbres

Le crépuscule des dieux et la naissance des Fées

“L’Edda”, recueil de mythologies nordiques compilées par le poète islandais Snorri Sturluson, rédigé entre 1220 et 1230, narre comment les Ases - les dieux - maîtres de la forteresse d’Asgard firent le monde en sacrifiant et dépeçant Ymir, le vieux géant du givre né des gouttes provenant de la rencontre du feu et de la glace et nourri par les quatre fleuves de lait coulant des pis de la vache Audhumla. Odin et ses frères firent du corps d’Ymir le globe terrestre, de son sang la mer et les lacs, de sa chair la terre ferme, de ses os les montagnes, de ses dents les pierres et les roches, de sa chevelure et de sa barbe les forêts, de son crâne la voûte céleste et de son cerveau les nuages.

Mais à la surface du corps en décomposition du géant abattu des vers se mirent à grouiller. Des vers nés de la substance du géant du givre, qui reflétèrent un instant l’image des Ases sur eux penchés. Ces vers, à jamais marqués par cette empreinte divine, se transformèrent en divinités secondaires et minuscules, vivant dans les éléments de la nature, que les Scandinaves appelèrent le Peuple des Huldre, et qui plus tard prirent le nom de fées, elfes, nains et autres membres du petit peuple. Certains plongèrent dans les profondeurs ténébreuses du monde, se transformant en elfes noirs et en démons, tandis que d’autres, attirés par la lumière, évoluaient au grand jour sous la forme de fées, elfes clairs et sylphes.

Le calendrier magique

1er mai : Beltaine
Le mois de mai est le mois des fées par excellence. Le 1er mai, notamment, correspond à la fête celtique de Beltaine, marquant à la fin de la “saison sombre” et inaugurant le début de la “saison claire”. Placée sous l’égide de Belen, le Soleil, Beltaine est une fête joyeuse et enjouée, marquée par les arbres de mai, la magie amoureuse et les rituels de fécondité. C’est l’époque où les fées, sortant enfin de leur long sommeil hivernal, apparaissent au grand jour pour repeindre les fleurs de couleurs vives et raviver leurs parfums. C’est aussi le temps où les bonnes dames changent de logis et déménagent d’une colline à l’autre.

24 juin : la Saint-Jean
La fête de la Saint-Jean, le 24 juin, et la nuit qui la précède, la plus courte et la plus chaude de l’année, constitue également une excellente date pour partir à la rencontre des fées, qui prennent souvent l’apparence d’accortes jouvencelles sautant allègrement au-dessus des bûchers allumés un peu partout. Placée sous les auspices de la magie et des sortilèges, cette fête donne lieu à bien des enchantements. Ainsi, à minuit précis, l’eau des fontaines se transforme en vin et les pierres en pains. Les magiciennes et les sorcières s’en vont cueillir l’herbe de la Saint-Jean, qui a le pouvoir de conjurer les sorts et de guérir les points de côté, avant de se baigner nues dans la rosée matinale, afin de garder une peau fraîche et un teint éclatant.

1er novembre : Samhain et Halloween
Le 1er novembre marque chez les Celtes le début de la saison sombre et la fête de Samhain, le dieu de la Mort. La veille, nuit d’Halloween, les défunts et les esprits noirs sortent des cimetières pour se mêler aux humains. Si Beltaine est l’époque privilégiée pour observer les jolies fées des fleurs, Halloween est davantage marquée par la présence des mauvaises fées, sorcières, chasses fantastiques, hordes et vassalerie des Unseelie ( des “maudits” ).
Cette sombre fête est en réalité décomptée du calendrier humain ; la nuit d’Halloween est “hors du temps”, entièrement réglée par les caprices du temps féerique. Aussi cette nuit terrifiante peut-elle durer aussi bien quelques heures que quelques siècles, et plus d’un mortel, victime des sortilèges d’Halloween, est resté à jamais prisonnier d’Elfland sans espoir de retour. Pour prévenir ce danger, il est conseillé d’allumer de grands feux et d’organiser des banquets afin de se concilier les esprits mauvais et de vaincre sa peur du noir et de la mort.

- Note de eslaria : on peut ainsi s’apercevoir que le monde des élémentaux a des liens fondamentaux avec le notre. En fait, le temps lui-même se met à notre service pour nous faire rencontrer le petit peuple !
Encore faut-il gommer auparavant les faux-symboles venus remplacer les significations d’antan. Halloween en est l’exemple le plus édifiant. Né en Europe, passé en Amérique puis revenu en France, voilà cette fête païenne transformée en “fête de l’épouvante”. -

Les portes ouvrant sur l’autre monde

Certains lieux sont plus propices que d’autres à l’observation des fées, et tout bon chasseur de fées se doit de les connaître. Ainsi, on s’accorde généralement à reconnaître que les fées ont une certaine propension à fuir les grandes agglomérations urbaines au profit de la nature de préférence sauvage, avec un penchant pour les forêts, les points d’eau ( fontaines, lacs et cascades ), les collines enchantées ainsi que les jardins.

Ces lieux d’observation sont toutefois précaires, car les fées n’y sont que de passage, et n’y demeurent point. Maître Mérindol, en son Traité de Faërie, insiste sur le fait que les forêts, les fontaines, les lacs, les collines et autres points stratégiques sont en réalité moins des lieux de résidence que des frontières invisibles, des portes enchantées ouvrant sur l’autre monde.

Inutile donc de s’attendre à croiser une fée au détour d’une haie ou à l’orée d’une futaie. Jadis, peut-être, en cet âge d’or où les gens de Féerie fréquentaient encore le commun des mortels, il était possible de rencontrer une belle dame sous un chêne ou près des berges d’un lac. Mais cette époque est hélas révolue depuis bien des lustres, et si l’on peut encore, par accident, tomber nez à nez en pleine forêt avec un nain égaré ou une sarabande de lutins ou de gnomes en goguette, il y a beau temps que les accortes jouvencelles ont déserté nos sentines ou les margelles de nos fontaines. Les contempler est devenu un luxe réservé à quelques initiés.

Au Moyen Âge, déjà, ce n’est qu’après moult péripéties que les chevaliers aventureux rencontraient les fées qui leur étaient promises. Dans les romans médiévaux inspirés du cycle de la Table ronde, c’est souvent en poursuivant un gibier fabuleux, blanche biche, cerf au pelage de neige ou encore sanglier au poil immaculé, que le fier paladin était conduit, sans le savoir, jusqu’au palais enchanté où l’attendait la fée dont il était désormais le prisonnier d’amour. Car voici que de chasseur, il était devenu gibier, tourmenté par sa passion pour la belle dame dont il était désormais l’esclave et le chevalier servant.

Même si les fées ont largement déserté les forêts d’aujourd’hui, certaines d’entre elles sont encore présentes dans les dernières réserves naturelles de fées, telles que les forêts bretonnes de Huelgoat, Fouesnant ou Brocéliande, dans les bois anglais du Devon et du Somerset, ou bien encore sur les landes d’Ecosse et d’Irlande. C’est là que le chasseur de fées avisé devra porter ses pas.

- Note de eslaria : retenez le bien : qui dit nature ne dit pas forcément élémentaux. Un arbre, un square ou même une forêt peuvent être tels des villages déserts. En fait, le petit peuple a vu son espace d’habitation sans cesse retranché, au fur et à mesure des progrès technologiques humains. A nous maintenant de retrouver ces endroits… mais comprenez qu’il faudra leur prouver nos bonnes intentions -

La petite société des fées

Lorsque leur sort n’est pas lié à celui des humains, les fées forment entre elles une véritable société, avec ses règles, ses comportements et ses modes de vie, qui ne sont pas sans rappeler, de façon idéalisée, la société des hommes. Pour Paracelse - qui fut lui aussi, en ses jeunes années, un élève d’Ismaël Mérindol, lequel l’initia aux moeurs et coutumes dées fées - ces êtres ont été en effet conçus par Dieu pour manifester les merveilles de sa Création à ceux qui les contemplent, même si cette faveur est rare : “Car ces êtres n’apparaissent pas tous les jours, mais au contraire très rarement : et nous ne les voyons comme s’ils nous apparaissaient dans un rêve. Ce sont donc des êtres humains, ils meurent comme les bêtes, se déplacent comme les esprits, mangent et boivent comme les hommes” ( Paracelse ).

Les fées et autres êtres élémentaires ne sont pourtant ni des esprits, ni des animaux, ni des hommes, mais des créatures intermédiaires : “Ainsi, de la même manière que l’on peut reconnaître et distinguer l’un de l’autre un esprit et un être humain, de la même manière vous reconnaîtrez les êtres dont je traite ici, mais avec cette différence qui les sépare des esprits, qu’ils ont sang, chair et os : en outre ils mettent au monde enfants et rejetons, parlent et mangent, boivent et marchent, choses que ne font pas les esprits. Voilà pourquoi ils sont pareils aux esprits par l’agilité, à l’être humain par la silhouette et par le fait qu’ils mangent et enfantent, et, ainsi, ce sont des êtres qui ont à la fois la nature des esprits et la nature de l’homme, qui ne font en eux qu’une seule et même chose.”

Tout comme l’homme est à l’image de Dieu, les créatures élémentaires sont à l’image de l’homme : “Ils ont une intelligence, sont riches, raisonnables, pauvres, insensés comme nous, qui sommens issus d’Adam : ils sont notre portrait en tous points. De même qu’on dit que l’homme est l’image de Dieu, c’est-à-dire qu’il a été fait à son image, on peut dire aussi que ces êtres sont l’image de l’homme et faits à l’image de l’homme”.

Rien en effet ne semble distinguer la société des êtres élémentaires de celle des hommes : “leurs coutumes, leurs gestes sont humains ; leur paler et leurs façons ainsi que toutes leurs qualités sont tantôt meilleurs et tantôt plus grossiers, tantôt plus subtils et tantôt plus rudes que ceux des hommes. La même chose s’applique à leurs silhouettes, de forme extrêmement différenciée, comme c’est le cas chez les hommes : leur nourriture est semblable à celle des hommes ; ils mangent et jouissent du travail de leurs mains, filent et tissent eux-mêmes leurs propres habits, savent, grâce à leur raison, utiliser les objets, possèdent la sagesse qui les rend aptes à gouverner, la justice pour les préserver et les protéger”.

Les maisons des fées :

Cette petite société des fées a ses habitations propres, qui ont changé au fil du temps. Jadis, les fées vivaient sous les pierres des dolmens, qui encore aujourd’hui ont pour nom la maison des Fées, l’antre des Fades, la cave aux Fées ou encore le Clapier aux Fées. Paul Sébillot concède qu’il est assez rare qu’elles passent pour habiter encore des dolmens ; on croit cependant qu’elles résidaient à une époque voisine de la nôtre dans ceux de Saint-Nectaire en Puy-de-Dôme ; sous le dolmen de la lande du Fao en Saint-Gelven vit toute une légion de fées qui en sortent à minuit pour danser sur sa table. On s’empara jadis près de celui des Faradelles, dans l’Aveyron, d’une fée, au moment où elle mettait ses bas rouges, et on l’enferma dans une maison que l’on montre encore.”
Pour être enfouies dans le sol ou dans la pierre, les maisons des fées n’en étaient pas moins magnifiques. “On entrait chez les fées de Landaville par de gros trous cachés sous des souches d’aubépine Leur maison était tout au fond ; il y avait beaucoup de chambres où c’était plus beau qu’à l’église. On y voyait toujours plus clair qu’en plein midi, tant il y avait d’étoiles de toutes couleurs qui étaient attachées en l’air. Et partout sur les murailles c’étaient des miroirs qui reluisaient et qu’on ne pouvait regarder. Les fées passaient leur vie à chanter et à jouer, et, quand il faisait beau, elles sortaient la nuit par les trous de fosse. Elles étaient si légères qu’elles ne touchaient pas terre, et qu’on voyait clair au travers d’elles.” ( Paul Sébillot )

Comment les fées acquièrent une âme immortelle

N’ayant point, contrairement à l’homme, d’âme immortelle, les êtres de Féerie peuvent toutefois en acquérir une - et devenir ainsi chrétiens - en s’unissant aux hommes. C’est la raison pour laquelle ils recherchent en permanence - notamment les nymphes, c’est-à-dire les fées, et les ondines - l’amour des mortels. Pour Paracelse, “ce sont des hommes, mais seulement quant à la nature animale : ils n’ont pas d’âme. Il s’ensuit cependant qu’ils s’unissent à l’homme par mariage, en sorte qu’une ondine épouse un homme issu d’Adam, vit en ménage avec lui et met au monde des enfants. En ce qui les concerne, il faut savoir que leur engeance tient du père : du fait que le père est un homme issu d’Adam, une âme est insufflée à l’enfant et il devient semblable à un vrai homme qui possède une âme et l’Eternité. En outre, il est bien connu et il faut se pénétrer du fait que même ces femmes reçoivent une âme en se mariant, en sorte qu’elles sont rachetées aux yeux de Dieu et par Lui, comme les autres femmes. Car il s’avère de maintes façons qu’elles ne sont point éternelles, mais aussi qu’elles le deviennent quand elles sont unies aux hommes ; c’est-à-dire qu’elles sont alors dotées d’une âme, comme l’homme.”

Selon Paracelse, le mariage avec une fée était aussi indissoluble que le mariage chrétien, et le mortel qui prenait un tel engagement ne pouvait en aucun cas répudier sa surnaturelle épouse : “sachez à ce sujet que, quand leur mari les a irritées, tandis qu’elles sont sur l’eau ou en d’autres endroits analogues, elles tombent tout simplement à l’eau et personne ne peut plus les retrouver. Alors, il semble au mari que sa femme s’est noyée, car il ne la voit plus jamais. cependant, sachez aussi qu’il ne doit pas la croire défunte et morte, mais vivante, bien qu’elle soit tombée à l’eau : et sachez en outre qu’il ne doit point prendre d’autre femme. Car si cela arrive, il lui faudra le payer de sa vie et il ne reviendra plus jamais sur terre, le mariage n’étant pas dissous, mais conservant au contraire son entière validité.”

Quelques fées célèbres

La Befana

La Befana italienne est une vieille fée, toujours vêtue de noir, le visage couvert de suie et dotée de longues chaussures éculées, qui sillonne le ciel sur son balai pour apporter des cadeaux aux enfants sages à l’Epiphanie. Quant aux enfants méchants, elle leur laisse des choses répugnantes et malpropres. On dit qu’il s’agissait d’une vieille femme occupée à ramasser des fagots au moment où elle avait croisé les Rois mages qui lui avaient proposé de les accompagner jusqu’à Bethléem pour adorer l’enfant Jésus. Elle refusa puis, prise de remords, elle tenta de les rejoindre, un sac plein de jouets sur le dos. Mais les rois avaient pris trop d’avance et la Befana erra sans repos à travers l’Europe entière, avant de s’installer en Italie où aujourd’hui encore on la représente sous la forme d’un mannequin couvert de guenilles que l’on fait défiler sur un char à travers la ville avant de la brûler sur la place principale.

- Note de eslaria : on constate en plusieurs endroits que les élémentaux sont bien plus mêlés à la religion qu’on ne pouvait le croire. Un point pour le moins inattendu: l’esprit païen et la chrétienté n’ont pas pour réputation de faire bon ménage. Mais il ne faut pas oublier que les élémentaux sont de la source du monde : ils étaient là au premières heures de notre terre. Quoi du plus naturel, au fond, qu’ils aient toute leur place dans la bible. Bien entendu, certaines légendes sont très allégoriques comme tous les rapprochements à Adam et Eve, mais d’autres entrent en harmonie avec la féerie religieuse. -

Mélusine

Ancêtre féerique de la famille des Lusignan, dont l’histoire fut narrée par Jehan d’Arras en 1392, Mélusine - dont le nom signifie “merveille” -fut l’une des trois filles que la fée Pressine eut avec le roi Elinas d’Albanie ( l’Ecosse ). Pressine avait fait jurer à son mortel époux de ne jamais chercher à la voir au moment de ses couches. Elinas ayant trahi son serment, Pressine s’en fut avec ses trois filles, Mélusine, Mélior et Palestine qui, en grandissant, voulurent châtier leur père en l’enfermant au coeur de la montagne de Brumbloremmlion, dans le Northumberland. Mécontente de cette initiative, orchestrée principalement par Mélusine, Pressine condamna la fée à se transformet chaque samedi en serpent de la taille aux pieds, jusqu’à ce qu’elle épouse un homme qui accepte de ne jamais chercher à la voir de samedi.
Alors qu’il errait dans la forêt de Colombiers après avoir tué accidentellement son oncle Aymeri de Poitiers au cours d’une chasse au sanglier, Raymondin, fils cadet du comte de Forez, fit la rencontre de Mélusine à la fontaine de Soif-Jolie. Elle était si belle qu’il lui demanda aussitôt sa main. La fée accepta, à la condition qu’il lui laisse la liberté de ses samedis, et ne cherche jamais à la voir ce jour-là. Raymondin promit, et devint bientôt le seigneur le plus puissant du Poitou grâce à l’influence de sa féerique épouse qui fit bâtir de somptueux châteaux, dont la forteresse de Lusignan édifiée en une seule nuit. De leur union, qui dura vingt-cinq ans, naquirent dix fils vaillants et courageux, mais affligés d’une marque ou d’une infirmité signant leur appartenance au monde merveilleux.
Hélas ! Persuadé par son frère Renaut que son épouse mettait à profit ses jours de liberté pour recevoir ses amants, Raymondin transgressa l’interdit et la surprit, un samedi, dans la tour où elle prenait son bain. Il la découvrit alors, parfaitement conformée de la tête à la taille, mais dotée en dessous d’une horrible queue de serpent qui faisait gicler l’eau de la cuve où la fée était plongée. Le cri d’horreur que poussa Raymondin alerta la fée qui, se voyant découverte, s’enfuit par la fenêtre sous la forme d’un serpent ailé. Depuis, elle vient les soirs de grand vent pleurer autour des tours du château qu’elle a abandonné pour toujours et, comme la Dame Blanche ou la Banshie d’Ecosse, pousse des cris déchirants lorsqu’un malheur ou un deuil menace la famille des Lusignan. Fort célèbre en Poitou, elle est encre aujourd’hui surnommée familièrement la “mère Lusine”.

Morgane

Morgue, Morgain ou Morgane est plus une magicienne qu’une fée. Elle fut initiée à la magie par l’enchanteur Merlin dont elle était la disciple. Reine d’Avalon, c’est une fée guérisseuse vers laquelle sont conduits les malades, les naufragés et les braves blessés au combat. Raynouart y séjourne quelque temps à l asuite d’un naufrage, et le roi Arthur, blessé à mort par son fils Mordred, y fut transporté pour y être soigné. Après l’avoir guéri, elle lui offrit l’hospitalité jusqu’au jour où il retournera en Bretagne afin de restaurer son empire. On la confond parfois avec Morgause, fille d’Ygerne et de Gorlois de Tintagel, demi-soeur du roi Arthur et mariée au roi Loth d’Orcanie dont elle eut quatre fils, Gauvain, Gareth et Gahériet. De son union incestueuse avec Arthur, elle donna naissance à Mordred.

Viviane

Magicienne, fille d’un vavasseur de la forêt de Brocéliande nommé Dyonnas, Viviane, ou Niniane, ou Nimue, rencontra Merlin, alias Myrdhin, à la fontaine de Barenton, où il lui enseigna toutes ses magies, jusqu’au sortilège permettant d’enfermer un homme dans une prison d’air dont il ne puisse s’échapper. C’est ainsi que Merlin, par amour de la jolie fée, se trouva à jamais prisonnier de son esplumoir. “Et il n’est guère de jour ni de nuit que je n’aie sa compagnie, en effet, et je suis plus fol que jamais, car je l’aime plus que ma liberté”, confia Merlin à Gauvain parti à sa recherche. Viviane est également la Dame du Lac, car elle réside dans un merveilleux palais de cristal caché au fond de l’eau, que l’on situe parfois au sein du lac du château de Comper, situé en forêt de Brocéliande. C’est là qu’elle éleva le jeune Lancelot, héritier du royaume de Bénoïc, après l’avoir enlevé à sa mère à la mort de son père. L’histoire de Lancelot du Lac narre ainsi la scène : “A tout ce que dit la reine, la demoiselle ne répond mot. Lorsqu’elle la voit s’approcher, elle se lève, avec l’enfant qu’elle tient entre ses bras, se dirige tout droit vers le lac, joint les pieds et s’y jette.” C’est pour cette raison que le jeune garçon portera plus tard le surnom de Lancelot du Lac.
Le roman médiéval insiste bien sur la nature féerique de la Dame du Lac : “Le conte dit que la demoiselle qui emporta Lancelot dans le lac était une fée. En ce temps-là, on appelait fées toutes celles qui se connaissaient en enchantements et en sorts : et il y en avait beaucoup à cette époque, en Grande-Bretagne plus qu’en tout autre pays. Elles savaient, dit le conte des histoires bretonnes, la force des paroles, des pierres et des herbes, par quoi elles se maintenaient en jeunesse, en beauté et en richesse, autant qu’elles le désiraient.”
Le lac lui-même n’est que le produit d’une illusion magique destinée à dissimuler le château de Viviane aux yeux des mortels. Car la Dame du Lac est avant tout, comme la plupart des fées, une femme de la forêt : “La dame qui l’élevait ne résidait jamais ailleurs que dans des forêts grandes et profondes ; et le lac, dans lequel elle avait sauté avec lui, lorsqu’elle l’avait emporté, n’était que d’enchantement. Et cette habitation était si bien cachée que personne ne pouvait la trouver ; car l’apparence du lac la protégeait de telle manière qu’on ne pouvait pas la voir.”

Source : “Le guide du chasseur de Fées”. Editions le Pré aux Clercs, 2005. www.lepreauxclercs.com
“Le crépuscule des dieux et la naissance des fées” : page 24 - “Le calendrier magique” : page 30 - “Les portes ouvrant sur l’autre monde” : page 42 - “La petite société des fées” : page 62 - “Comment les fées acquièrent une âme immortelle” : page 99 - “Quelques fées célèbres” : page 132.
Avec l’aimable autorisation de l’éditeur.
Toute reproduction interdite sans l’accord des Edtions le Pré aux Clercs.

© Eslaria - Tous droits réservés - Contact - Partenaires

Un interview avec Cyroul dans morsure.net

Dans la presse 1 commentaire »

Entretien avec Edouard Brasey

Les loups de la pleine lune

mardi 8 février 2005
par Cyroul

J’ai rencontré Edouard Brasey à l’époque où je travaillais sur les mystères et légendes du petit peuple de Faërie. En effet, pour les connaisseurs, son nom évoque immédiatement la grande bibliothèque des créatures qui grouillent dans nos fleuves, forêts et montagnes.
Mais Edouard est aussi synonyme de mystères sombres et obscures. Sorcellerie, magie noire, anges déchus n’ont que peu de secrets pour lui.
Et puis Edouard Brasey, en dehors de ses talents de romanciers est aussi un conteur, qui captive ses auditoires de sa voix profonde et de ses anecdotes salées.

Profitant de la sortie de son dernier roman, Les loups de la pleine lune, je suis allé l’interviewer, rien que pour toi, heureux lecteur.

Morsure : Bonjour Edouard, première question, quelle est l’histoire de ce roman ?

Edouard : Il s’agit d’un roman gothique, fondé sur l’idée d’un carnet de route, d’un journal intime retrouvé dans un manoir en ruines, un peu à la manière des romans de la fin du XIXe siècle comme Dracula de Bram Stocker, que je cite d’ailleurs en épigraphe. L’action du roman débute d’ailleurs en 1897, année de publication de Dracula. Le récit est narré par un jeune homme de 17 ans, Raoul Folerrand, qui se réfugie dans un mystérieux manoir où demeure une femme somptueuse et sans âge, la marquise de Mortemare, et son mari, vieillard cacochyme. Les nuits de pleine lune, on perçoit les hurlements d’un loup garou qui rôde dans la région. Raoul tombe sous la coupe de la marquise, devient son amant… et peu à peu découvre les terrifiants secrets qui hantent ce manoir…

Morsure : T’es-tu documenté ? Sur quels sujets ?

Edouard : Je me suis beaucoup documenté sur les métamorphoses des loups-garous et les différents types de vampirisme, notamment le vampirisme sexuel qui est l’un des sujets de ce roman. J’ai également étudié l’histoire des mouvements ésotériques “noirs” qui ont existé au milieu du XIXe siècle en Allemagne et ont inspiré, un siècle plus tard, le national-socialisme.

Morsure : Pourquoi avoir situé l’intrigue à cette époque ?

Edouard : Parce que tout ce que l’on connaît des racines occultes du national-socialisme - révélées notamment dans Le Matin des magiciens de Pauwels et Bergier - trouve son origine dès 1850 avec le réveil nationaliste de la Prusse ou des mouvements anarchistes et révoltés comme les “Werewolf”, les “loups-garous”. Tout cela est pratiquement inconnu aujourd’hui, et pourtant cela permet de comprendre beaucoup de choses sur la naissance et le développement ultérieur de mouvements fascistes ou nazis.

Morsure : Les lecteurs éclairés remarqueront une dédicace cachée à Claude Seignolle, grand maître romancier de l’imaginaire populaire. D’où connais-tu Seignolle ? Et pourquoi cette dédicace ?

JPG - 5.8 ko

Claude Seignolle

Edouard : Nous sommes peu à nous intéresser à la fois au fantastique et au folklore. Seignolle m’a fait l’honneur de lire certains de mes livres et de m’écrire pour m’en dire grand bien. Il m’envoie aussi ses livres avec de gentilles dédicaces et parfois me téléphone pour me raconter des histoires incroyables. J’ai voulu lui rendre cet hommage discret, en le rebaptisant C. Saignol, notaire à Saint-Viâtre. Seignolle a joué le jeu en m’écrivant une lettre dans laquelle le notaire présumé raconte comment il est tombé, voici près de soixante ans, sur ce fameux manuscrit retrouvé dans un manoir en ruines, et qui fait l’objet du roman. Sur le dos de la lettre, il y a une photo de Seignolle en train de me tirer la langue.

Morsure : La première scène d’amour entre Clarimonde et Raoul est quasiment le récit d’une séance de vampirisation pratiquée par certains vampires sexuels. Cette scène est très bien décrite et très inspirée. As-tu déjà été victime de ces pratiques ? Etais-tu victime coopérante ou malgré toi de ce vol d’énergie vitale ?

Edouard : Il y a une quinzaine d’années, j’ai beaucoup enquêté sur la magie, la sorcellerie, etc. Cela a donné lieu à mon Enquête sur l’existence des anges rebelles, épuisée aujourd’hui. J’avais notamment étudié les phénomènes d’incubat et de succubat, obtenu des témoignages. Je précise qu’aujourd’hui j’ai totalement rompu avec l’univers assez glauque de la sorcellerie, qui ne m’intéresse plus que sur le plan littéraire.

Morsure : Au milieu du livre, les amateurs de tarot que nous sommes, nous rendons compte que cette histoire nous est étrangement familière. Et effectivement, nous sommes à l’intérieur de l’arcane XVIII de La Lune. Est-ce volontaire ou inconscient de ta part ? Cette arcane est pour moi la plus complexe du tarot de Marseille. Quelle signification a t’elle pour toi ?

JPG - 6.3 ko

La Lune

Edouard : J’ai bien entendu voulu faire référence à cette lame du Tarot, qui m’intrigue autant que toi. Les chiens - ou loups ? - hurlant à la lune, les tours rappelant le manoir de Mortemare, le lac de l’Ecrevisse où Clarimonde de Mortemare “initie” Raoul au vampirisme sexuel. Quant à interpréter cette lame, j’en suis incapable. Je préfère en suggérer le mystère en mettant en scène les images et les symboles.

Morsure : Le personnage d’Hagen est effrayant de réalisme et ton incarnation dans ce personnage maléfique est complète. As-tu écrit possédé ou maître de toi ? Comment as-tu fait pour ne pas te transformer en loup-garou en écrivant ces mots ?

Edouard : Oui, j’ai voulu entrer dans la peau du Mal absolu et écrivant la confession de ce personnage effrayant, en suivant la logique d’endoctrinement militaire et d’initiation de magie noire qu’il a reçus. En poussant les choses au bout, y compris dans la damnation qui est le châtiment final de ce héros sombre. Pour me préserver des atteintes psychiques qu’aurait pu avoir sur moi la “possession”, fut-elle littéraire, de ce monstre, j’ai eu soin d’en écrire les pages les plus terrifiantes dans un monastère où j’ai accompli une retraite. Les prières et liturgies quotidiennes me permettaient de ne pas “péter les plombs” et de demeurer dans la “voie droite” de la spiritualité. Mais j’ai conscience que le danger de chute est réel.

Morsure : Le personnage d’Hagen est l’exemple parfait de ces nouveaux cultes étranges de sur-hommes ou plutôt anti-hommes (Extropians, Transhumanistes, Mutants, Otherkind, etc.) qui commencent à se faire entendre (notamment sur internet). Avais-tu eu connaissance de ces groupes ? D’un point de vue moral, que penses tu de ces théories (nietzschéenne détournées) ?

Edouard : Non, je ne savais pas que cela existait. Cela dit, cela ne m’étonne pas, car l’aspiration de ces êtres - comme le Hagen de mon roman - n’est pas de devenir un sur-homme - à savoir un homme parfait, dont le modèle pourrait être Jésus Christ - mais une bête sauvage. C’est en réalité l’objectif final de tout endoctrinement fascisant : la bête, le robot, le golem. D’un point de vue éthique et culturel, je condamne évidemment ces tentatives aussi absurdes que dangereuses, qu’il faut cependant distinguer des théories philosophiques de Nietzsche ou de pratiques telles que le chamanisme, par exemple, dans laquelle le chaman peut incorporer ses animaux de pouvoir.

Morsure : La religion Irministe existe t’elle ? Peux-tu m’en dire plus ?

Edouard : Là encore, il s’agit de traditions ésotériques se référant aux anciennes mythologies nordiques. On trouve cela dans des bouquins tels que Le matin de magiciens ou Les racines occultes du nazisme.

JPG - 6.9 ko

Wotan

Morsure : Wotan en emporte le vent (trop fort ce Cyroul). Avec le personnage Hagen, nous plongeons dans la mythologie teutonne. As-tu une fascination spéciale pour cette mythologie ?

Edouard : Wotan ou Odin est intéressant car c’est au prix de mutilations et de tortures volontaires qu’il a reçu l’initiation et le don de prophétie, comme les “Werewolf” de mon roman. Cela dit, la mythologie germanique, issue elle-même de la mythologie nordique, est exceptionnellement riche. Je me suis beaucoup nourri de l’Edda et des Nibelungen.

Morsure : Dans le roman, nous croisons le personnage de Wagner. Quelles musiques écoutais tu lors de l’écriture des “Loups de la pleine lune” ?

JPG - 5.2 ko

Richard Wagner

Edouard : J’écoutais en boucle la Tétralogie de L’Anneau du Niebelung de Wagner et les symphonies de Mahler. Hagen est une référence au personnage de Siegfried, issu des Niebelungen - peuple nain souterrain -, qui tue le héros Wotan. Dans le roman, je lui fais d’ailleurs rencontrer Wagner, au moment où il avait pris part à un coup d’état révolutionnaire, et alors qu’il commençait à avoir le projet d’écrire sa fameuse Tétralogie - que j’ai eu le plaisir de voir à Bayreuth, dans la mise en scène de Patrice Chéreau et sous la direction de Pierre Boulez, en 1976.

Morsure : Le personnage de Clarimonde est un personnage dur et vraiment répugnant qui possède toutes les caractéristiques morales d’un homme. Qu’en est-il ?

Edouard : C’est une sorte de dominatrice, de vampire, de sorcière. Sa psychologie et sa sexualité sont en effet masculine - dans le mauvais sens du terme. Elle prend puis elle jette. Sa féminité ne s’arrête qu’aux formes de son corps et elle n’est capable d’aucun sentiment amoureux. Cela dit, de nombreuses femmes ressemblent à ce schéma. Ce sont des femmes cruelles et sans pitié, dont l’animus est hypertrophié. Lorsqu’on en rencontre une, il vaut mieux s’enfuir, car elles sont des “killeuses”.

Morsure : Clarimonde est une femme magnifiquement belle. Son nom reflète t’il son dualisme beauté/égoïsme (claire et immonde) ?

Edouard : Claire et immonde, c’est bien cela ! Bravo pour ton discernement ! Non seulement elle est belle, mais elle demeure éternellement jeune.

Morsure : Ton roman est intensément psychologique. En dehors des références au tarot, il propose une interprétation du mal. Ainsi Hagen -le déshumanisé- sera t’il soumis à une souffrance éternelle pour avoir compris qu’il faisait le mal. Mais alors qu’advint il de Clarimonde à la fin du roman ? Pourquoi cette personne aussi mauvaise réussit-elle à tromper la mort ?

Edouard : Même s’il incarne une forme de Mal absolu, Hagen est rattrapé in extremis par le remords, ce qui cause sa perte. En effet, je prétends qu’il est presque impossible d’être entièrement mauvais, de faire toujours le mal. C’est épuisant, inhumain. Personne ne le peut, à moins d’être complètement aliéné. Clarimonde, c’est autre chose. Elle s’en sort effectivement à la fin du roman, et on peut penser qu’elle reviendra, ailleurs, plus tard. Par exemple à Venise dans les années 1920… Mais c’est une autre histoire…

Morsure : Quels sont tes ouvrages en court et tes futures projets (si l’on peut en parler) ?

Edouard : Je sors courant mars Les Univers de Jules Verne au Chêne, pour fêter le centenaire de la mort de cet auteur que j’ai dévoré durant mon enfance. Puis, en mai, le Guide du chasseur de fées, toujours au Pré aux clercs, et en octobre, le premier tome d’une Encyclopédie du fantastique qui comprendra plusieurs volumes. Et puis, des projets de romans, bien sûr…

Morsure : Pour finir, as-tu l’intention d’écrire un jour un roman ne traitant que de vampires ?

Edouard : Beaucoup de choses ont été faites sur le sujet, il faut trouver l’idée qui renouvelle le genre. Mais j’y pense en effet…

Merci Edouard et bonne continuation sur le chemin des vampires, des loups-garous, des fées et de la lune…

Post Scriptum :

JPG - 7.8 ko

Edouard et Cyroul

Une des rencontres épiques d’Edouard et de Cyroul, une nuit, au fin fond d’une taverne médiévale. Moult beuveries et moult chanteries furent consommées à l’occasion.

Le site officiel de Claude Seignolle

Le site du Pré aux Clercs, l’éditeur d’Edouard

Critique de “L’Univers féerique”, ma série chez Pygmalion (presque épuisée!)

Dans la presse Pas de commentaires »

L’univers féerique est une suite de volumes consacrés aux créatures de contes de fées. De nombreux extraits issus de contes, de témoignages, de recueils oubliés explorent un monde fantastique fascinant. Chaque tome se focalise plus particulièrement sur une variété “d’esprits” particulier et nous offre avec un luxe de détails les légendes qui les entourent.

  Voir un agrandissement de la couverture  

Tome 1, Fées et Elfes :
Esprits de l’air, du vent, des bois, des fleurs, les fées et les elfes ouvrent aux hommes le monde enchanté du rêve. Ces créatures fantastiques hantent l’imagination depuis la nuit des temps. Les Celtes, les Grecs et les Romains ne leur rendirent-ils pas des cultes en leur consacrant des autels�?
Grand connaisseur de cet univers mystérieux, Edouard Brasey est parti sur les traces de ces êtres fascinants, partout où on les rencontre dans les contes, le folklore, les chroniques locales. Pour la première fois, son livre nous révèle absolument tout sur les fées et les elfes : leur histoire d’abord, mais aussi leur habitat, leur habillement, leurs secrets, leurs amours et les croyances dont les hommes les entourent.

En discuter sur les forums Poster un commentaire Acheter ce Livre

Tome 2, Nains et Gnomes :
De petite taille, ils habitent dans des grottes ou au fond des souterrains ténébreux et connaissent tous les secrets des métaux rares et des pierres précieuses. Voici le petit peuple des nains, gnomes, lutins et gobelins qu’Edouard Brasey est allé surprendre dans les fabuleux récits qui circulent à leur sujet depuis des milliers d’années.
D’où viennent-ils�? De Laponie, dit-on. Les Celtes et les Romains les adoraient comme des divinités minuscules, tour à tour bienveillantes ou redoutables. Ils forgèrent les épées de légende, telle Durandal, tissèrent des coiffes qui rendaient invisibles. Ils aidaient les mineurs à découvrir les meilleurs filons, accomplissaient certains travaux ménagers, endormaient les enfants et répandaient de la joie dans la maisonnée. Mais, si on leur manquait de respect, ils pouvaient se transformer en êtres malicieux et se livrer à de vilains tours.
Ils ont inspirés de multiples recueils de contes et de légendes du folklore européen. Aujourd’hui, ils continuent de peupler les jeux de rôles, les films, les bandes déssinées et les romans fantastiques.

  Voir un agrandissement de la couverture  
En discuter sur les forums Poster un commentaire Acheter ce Livre
  Voir un agrandissement de la couverture  

Tome 3, Sirènes et Ondines :
Un magnifique corps de femme au-dessus de la taille, une queue de poisson, couverte d’écaille, en dessous. Dotées de tous les attributs de la féminité, beauté, séduction, fécondité, ces enchanteresses hantent depuis toujours l’imagination des marins et celle des hommes habitant les bords de mers, des fleuves et des lacs. Dans l’antiquité, créatures maléfiques qui tentaient par leur chant irrésistible d’attirer les marins dans les flots ou de jeter leurs navires contre les récifs, elles furent vilipendées par l’Eglise qui les présenta comme les symboles de la luxure, puis vénérées à partir de la Renaissance par les navigateurs qui les sculptèrent à la proue de leurs vaisseaux.
Les filles de l’eau peuplent les légendes de nombreux pays sous des noms divers: naîade, océanide, nymphe, roussalka, mari-morgan, vouivre, nixe. Sur le Rhin, les bateliers pleuraient en écoutant la Lorelei ; Lancelot fut élevé par Viviane, la Dame du Lac et Morgane, née de la mer, régna sur l’île mystérieuse d’Avalon.

En discuter sur les forums Poster un commentaire Acheter ce Livre

Tome 4, Géants et Dragons :
Leur puissance fait peur : géants de la taille des montagnes, dragons cracheurs de feu, ogres et ogresses dévoreurs d’enfants, titans et trolls, ils ont hanté nos rêves d’enfants et suscité nos frayeurs. Ces êtres primaires et redoutables issus du chaos primordial, sont détenteurs de trésors fabuleux qu’ils protègent avec férocité. Ils sont les adversaires dangereux des héros qui peuplent nos mythes et légendes.
Retrouvons le jeune David tuant Goliath au terme d’un haletant combat, Ulysse affrontant le Cyclope, l’Ogre convoitant le Petit Poucet, et puis encore les combats périlleux de saint Georges, de Siegfried, de Gargantua ; affrontons les dracs, tarasques et autres coulobres, découvrons les somptueux dragons d’Extrême-Orient : autant de récits hauts en couleur où l’homme finit par triompher grâce à son courage et à la sagacité de son esprit. Quelle leçon de vie !

  Voir un agrandissement de la couverture  
En discuter sur les forums Poster un commentaire Acheter ce Livre

Sorcières et démons

La nuit d’Halloween, des légions d’êtres grimaçants quittent leurs cachettes pour venir hanter les ténèbres de notre imaginaire; sorcières ricaneuses, juchées sur un balai, fendant les airs et s’envolant en pleine nuit pour célébrer leur sabbat; loups-garous hurlant à la pleine lune; vampires rôdant dans les cimetières; nécromanciens invoquant les esprits des morts.

Largement popularisés par la littérature et par le cinéma, tous ces monstres, auxquels il faut adjoindre les succubes, les incubes, les lamies, les goules et autres animaux fantastiques, comme la bête du Gévaudan, suscitent peur, curiosité ou fascination.

Mais d’où viennent ces êtes mal aimés? Qui sont-ils? Comment vivent-ils? Où se cachent-ils? Pour les retrouver, Edouard Brasey nous invite à les suivre sur la route des Enfers, là où s’agitent des démons inquiétants et cornus, dotés de pieds fourchus. Il se glisse avec nous dans les cabinets secrets des exorcistes, des cabalistes et des mages noirs, nous remémore certaines déviations de l’Histoire, tels les messes noires de l’affaire des poisons ou le procès des possédées de Loudun.

Cinquième volume de l’Univers féerique, Sorcières et démons clôt brillamme,t une très passionnante et troublante plongée dans les ténèbres ee l’imaginaire.

 

Complet, c’est sans doute le premier mot qui vient à l’esprit quand on songe à l’un de ces volumes. Malgré un nombre de pages peu élevé (aux environs de 200 pages chacun), chaque tome regroupe une somme d’informations colossale. Citant des auteurs aussi bien antiques que contemporains, Edouard Brasey parvient à faire le tour de la question sur des créatures aussi vieilles que l’humanité.
Abordant dans un premier temps leur origine mythologique, l’auteur passe en revue leur lieu de prédilection, leur comportement, leur évolution au cours des siècles mais aussi des sujets moins sérieux comme leur habillement ou leur nourriture préférée. Une fois en possession de ces renseignements, le néophyte pourrait presque partir à la chasse à la fée armé d’un filet à papillons, à moins qu’il ne juge préférable d’attirer un lutin pour s’occuper de son ménage. L’ensemble se révèle donc une mine remplie de pépites de savoir que le possesseur pourra à loisir partager ou utiliser dans une partie de Trivial Pursuit.
Plus concrètement, le tout est rédigé dans un style clair, lisible par tous et concis. Chaque chapitre est destiné à mettre l’accent sur un point précis, illustré par de nombreuses citations. L’auteur apporte une touche personnelle à chaque fin de section, faisant le lien avec l’époque actuelle sous la forme de subtiles interrogations. Il est donc agréable de picorer des informations au fil des pages, la lecture d’une traite est par contre déconseillée sous peine d’explosion cérébrale.
Le seul reproche que l’on pourrait émettre porte sur la restriction, sans doute volontaire, du champ d’investigation. Edouard Brasey se limite en effet aux créatures de légendes européennes (à l’exception des dragons asiatiques, qui ont droit à un chapitre). Le lecteur qui rechercherait un savoir plus exotique se verrait donc déçu. De même, l’expert sur le sujet trouverait sans doute à redire aux explications parfois un peu courtes.
En conclusion, ces livres se positionnent sur le créneau de ceux qui souhaitent en apprendre un peu plus sur les mythes et les animaux fabuleux sans pour autant avoir l’impression de lire une encyclopédie. Libre aux lecteurs de poursuivre ensuite leurs investigations dans les domaines qui les intéressent le plus grâce notamment à la bibliographie très fournie.

Envoyer un Mel à l' auteur de cet avis

Critique du “Guide du Chasseur de fées”

Dans la presse Pas de commentaires »

Le guide du chasseur de fées, d’Edouard Brasey.
Paf, je termine tout juste Poupée aux yeux morts, un vraiment très bon bouquin, que je reçois un nouveau livre de la cabine de critique du club PdE. Mission : le critiquer pour d’ici un mois. Ben Olive, le responsable de la cabine, ne pouvait pas faire mieux en m’envoyant ce petit livre. Il se trouve justement que j’entretiens une modeste collection d’oeuvres traitant des fées, elfes et autres lutins. Autant dire que j’ai littéralement sauté de joie en découvrant ce merveilleux cadeau. Vraiment, je ne regrette pas d’avoir accepté d’entrer dans la cabine de critiques…
Bref, je pars déjà avec un a priori nettement favorable et au vu des quelques pages que j’ai déjà pu lire, je pense que la critique sera des plus positives. Un ouvrage très joli, agrémenté de magnifiques photos et illustrations, et qui mèle réalité et légende avec brio, dans un style très agréable.
Critique, un métier de rêve… ^^

Critique de lecteur pour “Trouver sa vérité par les contes de sagesse”

Dans la presse Pas de commentaires »

Trouver sa vérité par les contes de sagesse (Broché)
de Edouard Brasey (Auteur)
(1 évaluation client)

Vérité

Quatrième de couverture
Ce livre propose une lecture originale de vingt-sept contes traditionnels qui appartiennent aux cultures indienne, zen, taoïste, soufie, juive mais aussi turque, grecque, celte.. Quels que soient les thèmes abordés dans ces histoires - le désir, l’art, la sagesse, la famille, Dieu… -, la vérité avance constamment masquée. Derrière le spectacle fantaisiste des fous, des crocodiles, des éléphants, des princes ou des génies, il y a toujours un message qui se cache, quelque chose de nous-même qui est révélé. Edouard Brasey, auteur de nombreux ouvrages dont une Enquête sur l’existence des fées et Vivre la magie des contes, écrit en collaboration avec Jean-Pascal Debailleul, nous donne ici les clefs d’une véritable méthode de lecture et d’analyse des contes. Par-delà l’incohérence ou l’absurdité apparente de chaque récit, c’est tout un univers inconnu qui se dessine : non pas celui égaré ou extravagant de l’imaginaire, mais un monde riche d’enseignements qui conduit à une meilleure connaissance de soi. Insolite, divertissant autant qu’initiatique, cet ouvrage exhume la ” perle de vérité ” et de sagesse que tout conte recèle.


7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile :

Contes de sagesse, 19 février 2004

Commentaire de : Un client
J’ai eu l’occasion de lire ce livre lors d’un voyage dans le désert… Et j’y ai trouvé toutes les réponses aux questions philosophiques et spirituelles que je me posais. Qu’est-ce que la vérité? Qu’est-ce que le mensonge? Comment suivre sa propre voie, et la reconnaître. Les contes de ce recueil sont tous splendides, et le commentaire de développement personnel qui les accompagne très utile pour tout “chercheur de vérité”… Bravo…

Ma page sur “Evene.fr”

Dans la presse Pas de commentaires »

Edouard Brasey

Romancier et conteur français

[Littérature française]
Né à Marseille le 25 mars 1954

Biographie d’Edouard Brasey

Ancien journaliste, titulaire de nombreux diplômes d’études supérieures, dont un DEA d’études cinématographiques obtenu en 1984, il travaille avec des méthodes rigoureuses de la recherche et de l’investigation, de la littérature et de la scène. Conteur, scénariste et auteur dramatique, Edouard Brasey se sert de la magie de la plume, du geste, du corps et de la parole pour donner vie aux univers tantôt fantastiques, tantôt mystérieux, même drôles et poétiques, s’inspirant les mythes, contes, légendes et folklore planétaires. Romancier, Edouard Brasey a publié de nombreux ouvrages sur des thèmes variés tel le monde féerique avec ‘Démons et merveilles’ aux Editions du Chêne, des chroniques avec ‘Ca s’est passé en Haute-provence’, des biographies romancées avec ‘Stavisky était mon père’, et ce depuis quinze ans comme ‘. L’auteur réalise aussi des essais avec ‘Enquête sur l’existence des anges rebelles’ ou encore ‘L’énigme de l’Atlantide’. En janvier 2005, une autre aventure attend les amateurs d’horreur et de fantastique avec ‘Les loups de la pleine lune’, un roman haletant. Fort de vingt-cinq ouvrages, Edouard Brasey affirme être un écrivain prolifique.

Ses citations


«Dieu est un animal que l’on traque, que l’on tente d’apprivoiser, qui toujours s’enfuit, rompt la longe par laquelle on tente de le domestiquer, regagne les contrées sauvages, inaccessibles à qui a perdu l’innocence.»
[ Edouard Brasey ] - Quand le ciel s’éclaircira

Une critique de mon Encyclopédie tome 3 “Des Peuples de l’Ombre”

Dans la presse Pas de commentaires »

BRASEY Edouard : Des peuples de l’ombre – L’Encyclopédie du Merveilleux T3

Mis en ligne le 11 janvier 2007

Rédacteur(s) : Chris de Savoie


La nuit du solstice d’hiver approche et le Vieil Éric s’apprête à célébrer ses méfaits avec ses amies sorcières. En ce 25 décembre, le diable va présider le sabbat du mont Broken. Et oui, Noël n’est pas une fête d’origine chrétienne mais sa signification a été récupérée par l’église catholique. C’est l’une des très nombreuses informations que contient ce troisième volume de l’Encyclopédie du Merveilleux d’Édouard Brasey.

Ce tome est consacré aux peuples de l’ombre, personnages redoutés et horrifiques de l’imaginaire humain. L’encyclopédie aborde tour à tour les peuples de la peur, de la mort, des cimetières, des métamorphoses, de l’enfer et enfin, des sorciers. Elle contient la description de dizaines de monstres avec, pour les plus courants, de précieux conseils pour leur échapper. Les entités secondaires sont gratifiées d’un portrait de quelques lignes alors que les plus célèbres (trolls, vampires, sorcières) voient leur histoire s’étaler sur plusieurs pages.

Très documenté, le travail d’E. Brasey rassemble textes historiques, anecdotes et croyances populaires. Le voyage dans les profondeurs de notre monde imaginaire peut se faire en piochant au fil des pages ou bien en suivant certains personnages mythiques, comme les Thuata dé Danann et leur extraordinaire destin. Un regret qui concerne le nombre de pages (141), qu’on aurait apprécié plus important pour aller plus loin dans le détail.

Cet ouvrage, comme ses deux prédécesseurs, peut constituer un livre de découverte d’un monde magique ou bien servir de source d’inspiration pour auteurs ou conteurs en panne de créativité.

Techniquement impeccable, ce livre est également un bel objet, mêlant tableaux d’époque et superbes illustrations signées Sandrine Gestin, avec des ouvertures de chapitre d’Alain-Marc Friez. Aucune fausse note pour ce troisième volume, qui représente une très bonne idée cadeau.

Édouard Brasey, Des Peuples de l’ombre, L’Encyclopédie du merveilleux T3 , Couverture : Sandrine Gestin, Le Pré aux Clercs

RSS Commentaires RSS Identifiant Administration