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Dans la presse 1 commentaire »Le petit livre des Sorcières - Edouard Brasey & Sandrine Gestin

Les Sorcières. Ce nom hante les pages de notre histoire comme l’une des plus grandes frayeurs de l’Eglise Catholique. Mais c’est aussi la vulgarisation qui en est donné dans la série télé connue de tous : « Ma Sorcière bien-aimée ». Comment donc devant des images aussi diversifiées faire la part des choses, déterminer si les sorcières sont de gentilles ensorceleuses mariées à des publicitaires ou bien les femmes de Satan ? C’est ce que ce petit livre se propose de faire. Comme l’ensemble de la collection dont je vous donnerait un aperçu chaque semaine la couverture est soignée, molletonnée et réalisée avec talent. L’illustration d’Elodie Saracco entretien elle-même le mystère avec une sorcière portant des bas et se montrant sous son jour le plus sensuel. Mais qu’en est-il en réalité ?
L’introduction d’Edouard Brasey est on ne peut plus claire :
« Quelle est la différence entre une fée et une sorcière ?
Bonne question.
A laquelle il n’est pas facile de trouver une réponse.
Pourtant, me direz-vous, les contes pour enfant sont on ne peut plus clairs à ce sujet : une fée est gentille, jeune et belle, tandis qu’une sorcière est laide, vieille et méchante.
Certes. Pourtant le problème se corse lorsqu’on y réfléchi à deux fois. »
Et c’est là tout l’enjeu de ce petit livre : déterminer ce que sont les sorcières et ce qui es différencie des autres « espèces » magiques. Il nous expose tout à tour ce que sont les sorcières des contes, les guérisseuses, les jeteuses de sorts. Mais cela n’est pas encore suffisant de définir ce que sont les sorcières puisqu’il faut également décrire ce qui fait qu’elles sont sorcières dans l’imaginaire collectif. Ainsi un chapitre passionnant est consacré au Sabbat des Sorcières suivi par la question du fameux balai si connu des enfants. La métamorphose est également un des traits particuliers de ce que sont les sorcières.
Point suivant de cet ouvrage et non des moindres : la chasse aux sorcières. En effet ce fut pendant quelques siècle le leitmotiv de toute une frange d’ecclésiastiques illuminés qui décimèrent des populations entières par seul soucis d’éviter que l’idéologie diabolique ne se répande. Ainsi Edouard Brasey nous explique comment une sorcière était censée être reconnue, les quinze crimes dont elles pouvaient être accusées, les châtiments infligés,… Ce livre colle parfaitement, et malheureusement, à la réalité historique de ce que fut le délire qui s’empara des populations à certaines époques du Moyen-Âge, voire moderne.
Dans un dernier chapitre l’auteur nous parle de la fin de la répression et c’est avec surprise que l’on apprend qu’en France ce n’est qu’en 1682, sous Louis XIV, que le crime de sorcellerie fut contesté et aboli. Malgrè cela en 1826 et 1856 deux prétendues sorcières ont été tuées par les populations rurales qui continuaient à croire que la sorcellerie et le Malin étaient liés et à la source de leurs malheurs.
C’est donc un livre d’une grande qualité qui enrichi cette collection. Les splendides illustrations de Sandrine Gestin sont également au centre de l’ouvrage puisqu’elles viennent compléter des iconographies d’archive pour illustrer le propos de l’auteur qui s’est imposé comme l’un des plus grands savants en matière de culture de l’imaginaire. Les jeunes et les moins jeunes trouveront donc là une parfaite entrée en matière dans le monde de la sorcellerie et l’apprentissage est au détour de chaque page…









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